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Sur les traces du grand Charles Aznavour

Comme son idole, Michel Louvain veut monter sur scène le plus longtemps possible

Michel Louvain ne s’est pas fait prier pour enfiler son smoking en vue d’une séance de photos réalisée, il y a deux semaines, sur la scène du Grand Théâtre de Québec. « Il va y avoir 50 musiciens ici. C’est quelque chose en moseusse... »
Photo Didier Debusschère Michel Louvain ne s’est pas fait prier pour enfiler son smoking en vue d’une séance de photos réalisée, il y a deux semaines, sur la scène du Grand Théâtre de Québec. « Il va y avoir 50 musiciens ici. C’est quelque chose en moseusse... »

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Même s’il approche les 80 ans, Michel Louvain n’a pas perdu sa passion pour son métier. Comme son idole Charles Aznavour, le crooner favori des Québécois veut chanter aussi longtemps que sa santé le lui permettra.

«Il chante encore, le vieux snoro. Le seul hic, c’est qu’il lit ses paroles. Merci, mon Dieu, je n’ai pas encore ce problème», lance avec un sourire en coin l’immortel interprète de La dame en bleu, qui amorce une série de concerts avec l’OSQ ce vendredi soir.

Depuis sa jeunesse, Michel Louvain est un fervent admirateur d’Aznavour, qui a aujourd’hui 92 ans. «C’est lui qui m’a aidé à trouver mes chansons. C’est le style Aznavour que je fais.»

Louvain vénère le créateur de La bohème. Au fond de son cœur, le plus grand chanteur de charme du Québec est donc aussi un fan.

«Moi aussi, j’ai des rêves, moi aussi, j’ai des idoles», justifie-t-il.

Pleurer pour Aznavour

Quand il se dit fan, ce n’est pas de la frime. Il tremblait la première fois qu’il a rencontré Aznavour en personne. Et le voir sur scène lui tire des larmes.

«J’étais allé le voir à la Place des Arts avec des amis. À un moment donné, ils m’ont dit: “Tu pleures?” Ils ne savaient pas la joie que j’avais. Je n’en revenais pas de voir mon idole sur la scène.»

Alors quand ses fans pleurent devant lui, Louvain ne les juge surtout pas. «Je me dis que je l’ai déjà fait.»

Outre Aznavour, la grande dame Barbra Streisand en est une autre qui lui donne des frissons.

«Au Centre Bell, j’étais près de la scène, j’aurais pu tirer sur sa robe. Mes amis me traitaient de fou.»

La détente par la musique

Quand on le questionne sur ses goûts musicaux, les réponses de Michel Louvain trahissent chez lui un certain raffinement.

Évidemment, les chansons de ses deux idoles ont une place de choix dans sa discothèque. Mais il écoute aussi beaucoup Diana Krall. «Je l’adore!» Tony Bennett et Frank Sinatra comptent aussi parmi ses favoris.

La musique classique, c’est oui, mais pas l’opéra qui lui «tombe sur les nerfs».

«J’écoute de la musique instrumentale, du Bach, du Beethoven, du Mozart. Ce sont mes heures de détente. Chez moi, il y a de la musique en me levant le matin et elle arrête quand je me couche. Je pèse sur un bouton et dans toutes les pièces, c’est la même musique qui joue. Je suis sur le poste Easy Listening. Souvent, je ferme les yeux et j’essaie d’écouter tous les instruments qui jouent. C’est tellement beau!»


Michel Louvain chante avec l’Orchestre symphonique de Québec ce vendredi soir, samedi et dimanche, sur la scène du Grand Théâtre de Québec.

Excité de jouer avec l’OSQ

Même s’il aura bientôt 80 ans, Michel Louvain est excité comme un gamin à la pensée qu’il chantera ses plus grands succès en compagnie d’un orchestre de 52 musiciens, en fin de semaine, au Grand Théâtre.

«Hey, c’est assez énervant, laisse-moi te le dire», lance Louvain, quand on lui fait remarquer que jamais autant de musiciens ne se seront retrouvés sur les planches avec lui.

Lorsqu’il avait fêté ses 50 ans de carrière, il y a dix ans, au Centre Bell, un orchestre l’accompagnait. Mais ils n’étaient «que» 25 musiciens.

Bizarrement, c’est tout de même à ce moment que l’idée d’un mariage entre Louvain et l’OSQ a pris naissance, raconte l’artiste.

«Celui qui jouait du cor français [au Centre Bell] était un musicien de l’Orchestre symphonique de Québec. Il paraît qu’après le spectacle, il a dit à la direction de l’OSQ: “Je viens de finir avec Michel Louvain, ça serait le fun qu’on l’accompagne un jour.”»

Les années ont passé, et, il y a deux ans, le producteur du chanteur vedette a téléphoné à l’OSQ pour lui signaler que son protégé fêterait bientôt ses 60 ans de carrière.

«Ils ont dit oui sans aucune hésitation», se réjouit Louvain.

La dame en bleu

Évidemment, le clou de la soirée se produira quand l’OSQ et Michel Louvain se lanceront dans La dame en bleu.

«Imagine 3000 personnes qui vont la chanter ici! Ouf! Hey, c’est vrai, va falloir que j’arrête l’orchestre symphonique. Ça s’arrête-tu de même un orchestre de 50 musiciens?» demande avec amusement celui qui aime bien laisser le public chanter a capella la pièce phare de son répertoire.

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