/news/provincial
Navigation

Signes de construction excessive à Québec

Même si les mises en chantier de logements locatifs sont en baisse dans la région de Québec, elles restent trop élevées aux yeux de la SCHL.
Photo Jean-François Desgagnés Même si les mises en chantier de logements locatifs sont en baisse dans la région de Québec, elles restent trop élevées aux yeux de la SCHL.

Coup d'oeil sur cet article

Le nombre de mises en chantier de logements locatifs, qui a atteint 228 unités depuis janvier 2017, attire l’attention de la SCHL qui n’hésite pas à parler «de construction excessive» dans la grande région de Québec.

Si la tendance se maintient, la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) évalue que le taux d’inoccupation des logements pourrait atteindre les 6 % l’an prochain dans la région. Selon l’organisme, ce taux a déjà fait un bond de 4 % à 4,9 %, d’octobre 2015 à octobre 2016.

«Notre cadre d’analyse permet d’évaluer les signes de construction problématique dans les marchés de l’habitation au Canada. Pour la région de Québec, spécifiquement, on estime qu’avec 6 % de taux d’inoccupation, il y a risque de construction excessive», a expliqué Nicolas Bernatchez, analyste de marché.

Malgré une diminution de 19 % des mises en chantier de logements locatifs traditionnels au 1er trimestre de 2017, la SCHL considère qu’il y a «beaucoup» d’unités en construction sur le marché présentement.

«Il semble y avoir un ajustement, mais c’est une situation que l’on continue à suivre de près parce que le marché fait encore face à des signes de construction excessive», a ajouté M. Bernatchez.

Rentabilité en péril?

Cette situation risque de mettre en péril la rentabilité des projets, avance l’analyste. Avec l’augmentation de la concurrence, plusieurs propriétaires vont être tentés de diminuer les prix ou d’offrir des incitatifs comme des loyers gratuits pour attirer les locataires.

«Pour les locataires, c’est intéressant. Quand le taux d’inoccupation augmente, il y a plus de choix. Pour l’industrie, c’est autre chose.»

L’abondance de logements est particulièrement marquée dans la région de Québec, constate-t-il. «Les constructeurs de copropriétés se sont tournés vers le marché locatif. Cela est lié au marché de l’habitation de Québec au cours des dernières années.»

Le marché de la revente a quant à lui enregistré un bond de 8 % dans la région métropolitaine de Québec. Au total, 889 propriétés ont changé de mains en mars dernier. Le délai de vente pour une résidence unifamiliale s’élève à 123 jours, soit quatre jours de plus qu’à la même période l’an dernier.

Pour les trois premiers mois de l’année

  • + 0,9 % (110 mises en chantier): maisons unifamiliales
  • + 32 % (123 mises en chantier): logements collectifs en propriété absolue (les plex)
  • + 41 % (99 mises en chantier): copropriétés
  • - 19 % (228 mises en chantier): logements locatifs (note: 1 mise en chantier = 1 logement. Données réelles provisoires)