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50 % des gens seraient en déprime saisonnière

La longue saison hivernale aurait fait augmenter la moyenne

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le manque de soleil et de lumière provoque des changements concernant la mélatonine, la sérotonine et l’horloge biologique, responsables de la dépression saisonnière.

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Si vous croyez que l’hiver a été difficile pour le moral, vous n’êtes pas seul. Un Québécois sur deux pourrait avoir souffert de dépression hivernale en raison de la longue et rigoureuse saison, avance un chercheur de Québec.

Il s’agirait du double de la proportion habituelle de la population qui est affectée par la dépression saisonnière, estimée à 25 %.

«La température a un effet, et il y a aussi un impact psychologique parce que les gens s’attendent à ce que le beau temps arrive et il n’arrive pas. Ça pourrait faire grimper le pourcentage», affirme le chercheur au Centre de recherche CERVO du CIUSSS de la Capitale-Nationale, Marc Hébert.

«Si on ajoute d’autres symptômes comme la performance et comment les gens se sentent au travail [...], peut-être que ça dépasserait 50 % », ajoute-t-il.

De façon cyclique

La dépression saisonnière revient de façon cyclique dès l’automne alors que la clarté naturelle diminue. Ses effets sont habituellement mineurs. Or, dans près de 3 % des cas, les gens devront se tourner vers les antidépresseurs, car les symptômes sont plus sévères et s’apparentent à ceux de la dépression où les individus peuvent devenir léthargiques ou arrêter de travailler, expose M. Hébert.

«L’hiver, en moyenne, les gens vont recevoir 30 minutes de lumière naturelle. L’été, c’est deux heures. On ne sait pas quelle est la quantité exacte de lumière à recevoir pour ne pas avoir de déprime, mais à deux heures, on sait que les personnes sont en rémission naturelle. À 30 minutes, pour 20 à 25 % de la population, c’est insuffisant.»

Luminothérapie

La diminution de la lumière altérerait notamment la biologie du cerveau en réduisant, entre autres, le niveau de sérotonine, soit l’hormone qui contribue à rendre les gens heureux et positifs.

«On s’attend à recevoir un signal lumineux tous les matins et quand on le reçoit, ça déclenche le rythme biologique de l’éveil et de l’activité. [...] Chez les personnes déprimées, il n’y a pas cette stimulation de l’éveil, il y a toujours un peu cet état de léthargie où tous les rythmes sont désynchronisés un peu comme dans un décalage horaire», ajoute M. Hébert.

Afin de pallier cette carence, une séance de luminothérapie de 30 minutes par jour est suggérée.

DES SYMPTÔMES DE LA DÉPRIME SAISONNIÈRE

  • Envie de dormir davantage
  • Goût accentué pour les sucreries
  • Gain de poids
  • Difficulté à vous concentrer
  • Manque d’énergie
  • Irritabilité

TRAITEMENT SUGGÉRÉ

  • Luminothérapie à raison de séances de 30 minutes par jour
  • Un effet bénéfique se produit généralement dans les 3 à 5 jours, selon le chercheur Marc Hébert.

DES SYMPTÔMES DE LA DÉPRESSION

  • Insomnie
  • Perte de poids
  • Diminution de l’appétit

TRAITEMENT SUGGÉRÉ

  • Antidépresseurs

Source: Institut universitaire en santé mentale de Montréal et Marc Hébert du Centre de recherche CERVO du CIUSSS de la Capitale-Nationale