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La faute à Sabia et Daoust

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C’était malheureusement écrit dans le ciel que la vente de RONA (avec sa filiale Réno-Dépôt) au géant américain de la quincaillerie, Lowe’s, allait faire mal aux fournisseurs québécois.

Ainsi, selon un sondage de l’Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction près de la moitié des fournisseurs québécois ont vu leurs ventes baisser à la suite de l’acquisition de RONA par Lowe’s.

Les baisses vont jusqu’à 20 % parmi les fournisseurs de RONA les plus touchés.

Et la situation risque d’empirer... Quand une société étrangère met le grappin sur une de nos entreprises, une seule chose compte: réaliser le plus gros profit possible.

Pour ce faire, la société étrangère va notamment s’approvisionner chez les fournisseurs qui, à qualité égale, vont lui offrir le meilleur prix.

Une multinationale comme Lowe’s détient un immense pouvoir d’achat auprès de ses habituels fournisseurs.

Il allait donc de soi que les fournisseurs de Lowe’s alimentent RONA. Au détriment, bien entendu, des fournisseurs québécois qui brassaient de bonnes affaires avec RONA jusqu’à... son acquisition par Lowe’s.

Après les fournisseurs québécois, ce sera peut-être au tour des employés de RONA de perdre des plumes...

Bref, l’avenir de RONA et de Réno-Dépôt repose entièrement entre les mains de son nouveau propriétaire, la multinationale américaine Lowe’s.

Flash-back

Ni la Caisse ni le gouvernement Couillard n’ont exigé des garanties. Dans le «Plan d’arrangement» de la Circulaire de sollicitation invitant les actionnaires de RONA à voter en faveur de l’offre d’achat de 3,2 milliards de Lowe’s, les engagements de Lowe’s envers le siège social de RONA à Boucherville, les employés, les fournisseurs, les bannières... se limitaient à une simple «INTENTION».

Donc aucun engagement ferme, contrairement à que la ministre de l’Économie Dominique Anglade laissait initialement entendre.

Qui a mal fait son travail dans cette vente de RONA à Lowe’s? Michael Sabia et Jacques Daoust, l’ancien ministre responsable d’Investissement Québec.

Première gaffe: l’ex-ministre de l'Économie et responsable d'Investissement Québec (IQ), Jacques Daoust, n'a pas empêché IQ de vendre prématurément son bloc d'actions de RONA. La société d'État avait acheté ce bloc dans le but de bloquer en 2012 la première offre d'achat de Lowe's, de concert avec la Caisse. Et ce à la demande du gouvernement Charest.

Deuxième gaffe: Michael Sabia, le grand patron de la Caisse de dépôt et placement du Québec, a décidé, cette fois, de ne pas protéger RONA contre cette autre offre d'achat de la société américaine.

Pas d’espoir

Trois semaines avant l’annonce officielle de l’offre d’acquisition de Lowe’s, M. Sabia avait donné son aval pour céder à Lowe’s le bloc d’actions de RONA que la Caisse détenait, en tant que plus important actionnaire.

En agissant de la sorte, M. Sabia mettait fin aux espoirs de sauver RONA d'une mainmise américaine.

Et nous en payons le prix aujourd’hui!