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Le gagnant et le perdant de la semaine

Le gagnant et le perdant de la semaine

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Gagnante : Véronique Hivon (PQ), députée de Joliette  

En tant que porte-parole de l’opposition officielle, Véronique Hivon m’a impressionné par son calme et son aplomb dans le dossier de la justice cette semaine.

Depuis que la Cour suprême du Canada a établi des balises quant à la durée raisonnable pour qu’un accusé subisse son procès et a fixé les délais à 18 ou 30 mois, plusieurs prévenus ont exigé la fin des procédures contre eux, invoquant l’arrêt Jordan.

Madame Hivon demande au gouvernement du Québec d’appliquer la clause dérogatoire (aussi appelé clause nonobstant), afin de s’assurer que de sinistres individus ne puissent être relâchés, en raison de délais de procédure trop longs. En effet, l’arrêt Jordan est une jurisprudence, qui peut favoriser la libération de potentiels meurtriers, violeurs et fraudeurs.

Bien que temporaire, la clause dérogatoire protégerait le Québec contre des remises en liberté déraisonnable. Philippe Couillard et sa ministre de la justice, Stéphanie Vallée ont rejeté cette proposition, qualifiant la clause nonobstant d’arme nucléaire constitutionnelle. Pourtant, le Québec a adopté 41 lois par l’Assemblée nationale qui comprenait au moins une invocation d’une disposition dérogatoire. Parmi ces lois, 11 étaient toujours en vigueur en 2016. Ce n’est donc pas si exceptionnel comme utilisation.

La solution préconisée par madame Hivon serait temporaire. Le fédéral devra cesser de se trainer les pieds dans ce dossier et agir rapidement. Le candidat à la chefferie conservatrice, Erin O’Toole demande lui également, à Justin Trudeau d’invoquer la clause dérogatoire à l’ensemble du Canada, afin de donner le temps au gouvernement fédéral de se doter des outils pour régler les problèmes de délais judiciaires et pour procéder à la nomination de juges aux postes laissés vacants.

Perdante : Martine Ouellet (BQ et Indépendante), députée de Vachon

Martine Ouellet a encore une fois tiré dans sa propre barque cette semaine. Tout d’abord dans l’épineux dossier de la légalisation du cannabis, elle a décidé d’en faire un enjeu, lié à la question nationale. Tous les partis provinciaux et fédéraux ont soulevé des interrogations légitimes en matière de santé publique, de sécurité au travail et de conduite automobile. Pourtant, ce qui préoccupe madame Ouellet, c’est que le pot soit produit en sol québécois (lisez mon commentaire). Elle aura amplement de temps devant elle pour faire valoir un « angle indépendantiste » au projet de loi sur la légalisation du cannabis. Qui trop embrasse, mal étreint.

La semaine de Martine Ouellet n’était pas terminée. Elle a décidé de se ranger du côté de Gabriel Nadeau-Dubois contre le financement public offert aux écoles privées. Je ne veux pas juger de la pertinence ou non de son positionnement, elle a le droit d’être contre, aucun problème. Cependant, ce que je perçois, c’est qu’il se crée un fossé entre le Parti québécois de Jean-François Lisée et Martine Ouellet. Jamais je ne lui reprocherai ses convictions indépendantistes, elles sont franches et directes. Par contre, les divisions internes au sein du mouvement souverainiste causeront inévitablement des dommages à la cause qu’elle prétend vouloir porter. Mes appréhensions semblent se confirmer, elle sera le caillou dans le soulier de Lisée. Bon week-end de Pâques à tous.