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Fin d'enquête

ART-DISTRICT 31
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Luc Dionne en ­compagnie de ­Fabienne Larouche, la productrice et script-éditrice de ­District 31.

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La première saison de District 31 se terminant dans quelques jours, une entrevue avec Luc Dionne s’imposait. Révélation ­télévisuelle du calendrier 2016-2017, la série policière de Radio-Canada est rapidement devenue un incontournable après son entrée en ondes l’automne dernier. Aujourd’hui, plus d’un million d’accros se demandent comment les aventures de Nadine, Patrick et compagnie vont aboutir. Qui de mieux placé que l’homme derrière ces 120 demi-heures de télévision pour répondre à cette question et éclairer nos lanternes? Or, notre coup de fil au scénariste ne s’est pas déroulé comme prévu...

Désirant laisser planer le mystère ­autour des quatre ultimes épisodes, Luc Dionne met les choses au clair d’entrée de jeu.

«Si tu m’appelles pour savoir comment ça va finir ou qu’est-ce ce qui va arriver l’an prochain, tu n’auras rien! rigole-t-il.

«Je préfère t’avertir tout de suite, parce que j’ai déjà répondu n’importe quoi à quelqu’un qui avait trop insisté!» ajoute le prolifique auteur, avant de citer en exemple une journaliste du TV Hebdo qu’il avait délibérément envoyée sur une fausse piste à l’époque d’Omertà.

Message reçu, on n’insistera pas trop alors...

Seulement au Québec

Lancée en septembre devant 943 000 téléspectateurs­­, District 31 a profité d’un bouche-à-oreille incroyable et 7 mois plus tard, ils sont plus de 1 350 000 à consacrer 2 heures par semaine au feuilleton quotidien. Trop occupé à écrire 4600 pages de textes, l’auteur n’a pas pu profiter pleinement du phénomène.

«Je suis très content. Je serais menteur de dire le contraire. Mais ça fait 25 ans que je fais ce métier. J’ai appris à gérer les bons et les mauvais coups. Et ce n’est pas parce qu’on a du succès aujourd’hui qu’on va en avoir demain.»

Luc Dionne insiste: la réussite de District 31 ne dépend pas uniquement des textes qu’il signe. L’équipe de production mise en place par Fabienne Larouche, qui a occupé la case horaire de 19 h en ­semaine pendant 20 ans avec Virginie et 30 Vies, mérite également des éloges.

«Je pense très sincèrement qu’on a une des meilleures équipes de techniciens au monde. Je n’exagère pas. Pour faire ce qu’ils font, avec rapidité, avec efficacité, avec qualité... C’est des années et des ­années de pratique. C’est unique, ce qu’on fait.»

Une histoire d’amour

Bien entendu, Luc Dionne attribue ­également les belles performances de District 31 au casting du drame policier. Une distribution cinq étoiles incluant ­Gildor Roy, Hélène Bourgeois-Leclerc, ­Sébastien Delorme, Michel Charrette, ­Patrick Labbé, Pascale Montpetit et – bien entendu – Vincent-Guillaume Otis et Magalie Lépine-Blondeau, pour lesquels plusieurs téléspectateurs ont craqué, d’où leurs multiples nominations au Gala Artis.

«Il y a des affaires que je peux écrire, mais il y en a d’autres que je ne peux pas, précise Luc Dionne. Je suis vraiment ­reconnaissant envers Magalie et Vincent. Sur le plateau, ils étaient dévoués. Ils ­voulaient qu’on croie à l’amour entre ­Nadine et Patrick. Ils ont travaillé fort.»

Bien qu’il aime ses deux héros romantiques, Luc Dionne n’a pas eu de difficulté à leur dire adieu (Magaline Lépine-­Blondeau et Vincent-Guillaume Otis ne reviendront pas l’automne prochain).

«Ça vient avec la job, explique l’auteur. C’est un éternel recommencement. Tu sais qu’un jour, tu vas devoir briser des liens et passer à autre chose. Ça prend un certain détachement.»

«J’ai quand même passé une année complète avec Nadine et Patrick, ajoute Dionne. Faire une quotidienne, c’est un luxe extraordinaire. C’est comme peindre un tableau géant par rapport à peindre un tableau sur un timbre poste. Ce n’est pas pareil. J’ai 120 demi-heures pour ­raconter quelque chose. Au départ, je ­savais exactement quand il allait y avoir un rapprochement, quand ils allaient s’éloigner, quand l’un allait revenir et quand ils allaient s’aimer. Là-dessus, j’avais fixé mon target sur l’épisode 100.»

Des vacances

Depuis qu’il a terminé d’écrire la première saison de District 31, Luc Dionne est plongé dans Blue Moon, qui reviendra pour une troisième saison sur Club illico. Sauter d’un projet à l’autre n’a pas été de tout repos, avoue-t-il.

«C’est comme quelqu’un qui fait le ­marathon de Boston et une fois la ligne d’arrivée franchie, quelqu’un lui dit: “Pis maintenant, t’as un sprint à faire!” ­Disons que quand je vais avoir fini, je pars en vacances sans téléphone ni rien! Ne vous attendez surtout pas à ce que je vous écrive une carte postale. Je vais ­retourner au soleil, je vais me remettre en forme, je vais lire et surtout, je vais me reposer.»

Quant aux intrigues de District 31, peut-on avoir une petite idée de ce qui nous ­attend avant la pause estivale?

«Notre travail, c’est de générer de l’émotion et faire en sorte qu’elle dure le plus longtemps possible», répond l’auteur.

► ICI Radio-Canada Télé présente ­District 31 du lundi au jeudi à 19 h.