/weekend
Navigation

Un spectacle musclé pour le Cirque du Soleil

Volta
Photo Chantal Poirier

Coup d'oeil sur cet article

Pour la 41e production de son histoire, le Cirque du Soleil délaisse le cirque traditionnel pour aller dans une approche plus audacieuse et énergique. Avec Volta, présenté en première mondiale ce mois-ci à Montréal, les spectateurs en auront plein la vue avec plusieurs sports d’action. Et musicalement, la production intéressera un nouveau public avec la musique conçue par la vedette mondiale électro Anthony Gonzalez (M83).

Le Cirque fait «volte-face» avec Volta. Le nouveau spectacle sous chapiteau de ­l’entreprise québécoise a été conçu par deux «bébés du Cirque», Bastien Alexandre (metteur en scène) et Jean Guibert (directeur de création), à qui l’on a confié, pour la première fois, les rênes d’un spectacle majeur.

Le duo avait fortement impressionné en concevant la cérémonie d’ouverture des Jeux panaméricains, à Toronto, en 2015. Le «guide créatif» du Cirque du Soleil a alors jugé qu’ils étaient prêts pour ce nouveau défi avec Volta. «Ça brille dans leurs yeux. Ils sont extraordinairement heureux, les gars», mentionne Jean-­François Bouchard.

«On a été poussés tout le long par la confiance de Jean-François, indique Jean Guibert. Il a vraiment été avec nous dans le projet. C’est lui qui a pris un pari, ­clairement. Il nous a nourris tout au long du processus.»

Ce pari, c’est d’intégrer des disciplines de sports d’action dans l’univers du cirque. Dans Volta, on voit notamment des prouesses en BMX, en vélo flatland et en patins à roulettes.

En quoi est-ce intéressant de mélanger les sports d’action avec le cirque?

«C’est l’énergie, répond Jean Guibert. Ce qui est hyper intéressant c’est d’amener des personnes qui n’ont jamais fait de spectacles à en rencontrer d’autres qui ont fait du spectacle. Ça remet en question ces derniers qui sont confrontés à cette fraîcheur-là qui arrive. Et les ­nouveaux qui se nourrissent de ­l’expérience des autres. On a vécu une espèce de mariage hyper productif entre des artistes et des athlètes.

«Le fait de travailler avec autant de ­talent humain nous a amenés à rendre ce show-là encore plus musclé que ce qu’on avait rêvé», ajoute-t-il.

Jean Guibert, directeur de création.
Photo courtoisie
Jean Guibert, directeur de création.

Fable contemporaine

Sur les 46 artistes de Volta, au moins une quinzaine en sont à leur première ­expérience avec le Cirque du Soleil. ­Parmi ceux-ci, il y a les athlètes ­spécialistes de BMX.

«Ils ont fait le bootcamp du Cirque du Soleil, mentionne Bastien. Ils ont appris à danser, à jouer, à faire les bouffons, à se maquiller. On n’a pas voulu les ­dénaturer non plus. Pendant leur ­numéro, ils crient, ils s’encouragent. C’est leur énergie.»

Le metteur en scène précise que Volta ne se veut pas un spectacle de sports ­extrêmes. L’histoire qu’on y raconte est tout de même importante. «Il y a quand même, à travers tout ça, l’ADN ­traditionnel du Cirque», dit-il.

Durant la création, qui a pris près de deux ans, les concepteurs se sont efforcés de mettre en place un spectacle qui serait pertinent durant les 15 prochaines années. «Les thèmes qu’on aborde sont suffisamment universels et hors du temps pour bien vieillir, affirme Jean Guibert. Le souci est davantage au niveau de l’esthétique. On ne veut pas se ­retrouver emprisonnés dans une ­esthétique qui soit de 2017 et qui devienne obsolète dans quelques années.»

«C’est pour ça qu’on a créé nos propres univers, ajoute Bastien Alexandre. Zaldy (le concepteur des costumes) a été ­capable de nous emmener dans des ­univers qui sont créés spécifiquement pour le spectacle.»

Bastien Alexandre, metteur en scène.
Photo courtoisie
Bastien Alexandre, metteur en scène.

«C’est comme une fable contemporaine, indique Jean Guibert. On prend la réalité, on la change, on l’interprète à notre ­manière.»

Volta plonge le spectateur dans une ­histoire sur la liberté de choisir et le ­vertige de tracer son propre chemin. Le spectacle parle de l’importance de rester fidèle à soi-même et de réaliser son plein potentiel.

La musique de M83

Musicalement, le duo a ­frappé un grand coup en ­engageant Anthony Gonzalez, du groupe français M83, pour signer la trame sonore de Volta. «Ça fait plusieurs années qu’on utilise sa musique comme source d’inspiration quand on écrit des ­spectacles», dit Jean Guibert.

C’est ce dernier qui a appelé Gonzalez pour lui parler du spectacle. «Ç’a pris 24 heures et il acceptait, dit-il. Il s’est ­totalement reconnu là-dedans. Il a aimé notre approche, le défi créatif. Il avait ­déjà fait du film à plusieurs reprises. Mais pour lui, c’était une première de ­faire du spectacle vivant. Il nous a fait l’honneur de le faire avec nous.»

«La musique qu’on a dans le spectacle est absolument transcendantale, dit ­Bastien Alexandre. On est vraiment contents.»

«Il ne faut pas trop lui dire, mais je ­pense qu’il a écrit ses plus belles pièces sur ce spectacle-là!» conclut Jean Guibert en souriant.


Le nouveau spectacle du Cirque du ­Soleil, Volta, aura lieu sous le Grand Chapiteau, dans le Vieux-Port de ­Montréal, dès le 20 avril. Pour toutes les dates: cirquedusoleil.com/volta.