/news/transports
Navigation

La Ville de Lévis se retire du projet de SRB

Même si les gouvernements payaient la construction, le maire Lehouillier redoutait les frais d’exploitations

La Ville de Lévis se retire du projet de SRB
Photo courtoisie

Coup d'oeil sur cet article

Coup de théâtre sur la Rive-Sud. Le maire et les conseillers municipaux de Lévis ont unanimement décidé de se retirer du mégaprojet de service rapide par bus (SRB), qu’ils jugent trop cher.

«C’est un projet difficilement justifiable sur le plan financier par rapport aux bénéfices [que] la population pourrait en tirer», a indiqué le maire Gilles Lehouillier mardi en fin d’après-midi, au terme d’un comité plénier à huis clos consacré au SRB. Selon lui, «la trajectoire que prend ce dossier et les coûts qui y sont associés nous éloignent d’un projet acceptable pour les contribuables [...] C’est peut-être un bon projet pour Québec, mais ce n’est pas un projet conforme à notre réalité [lévisienne]».

Sans vouloir détailler les divers scénarios qui étaient sur la table, le maire de Lévis a évoqué un coût total pouvant aller jusqu’à 660 millions $ pour la portion lévisienne du SRB. Même si la construction avait été financée à 100 % par les deux gouvernements, les frais d’exploitation auraient été trop importants, a insisté le maire de Lévis.

La Ville de Lévis se retire du projet de SRB
Photo Stevens LeBlanc

Frais d’exploitation

C’est d’autant plus vrai que seulement 11 % de la clientèle projetée du SRB devait provenir de la Rive-Sud, contre 89 % de la Rive-Nord. Aussi, M. Lehouillier admet avoir senti que «l’acceptabilité sociale» du projet n’était plus au rendez-vous ces derniers mois. «La population veut qu’on ait un projet moins onéreux et pour lequel on pourrait obtenir des gains», a-t-il insisté.

Le maire a donc annoncé la création d’un comité présidé par le président de la Société de transport de Lévis (STL), Michel Patry. Sa tâche sera de «finaliser et d’accélérer les projets destinés à décongestionner Lévis et à obtenir sa juste part des investissements gouvernementaux». Ce comité devra notamment trouver le meilleur moyen d’arrimer les deux rives bien que Lévis se soit retiré du projet de SRB. Outre la question du transport en commun, le comité se penchera sur les travaux routiers jugés prioritaires pour Lévis et sur l’enjeu du troisième lien. Il devra remettre ses conclusions d’ici l’automne.

Réactions

Mardi soir, le maire Labeaume n’a paru ni ébranlé, ni étonné, ni même déçu par ce rebondissement majeur. «On n’a plus de partenaire sur la Rive-Sud, tout simplement. On s’y attendait. On n’est pas vraiment surpris, avec ce qu’on avait lu et entendu la semaine dernière», a-t-il répondu à l’opposition lors du conseil municipal.

De son côté, le gouvernement du Québec a dit prendre acte de la nouvelle donne. «L’engagement du gouvernement dans le projet de SRB répondait à la demande des deux villes de mettre en place un système de transport en commun, a souligné Mathieu Gaudreault, porte-parole du ministre des Transports. On s’était engagés financièrement là-dedans.»

Ce qu’ils ont dit:

«C’est une décision qu’on respecte, tout simplement. C’est le choix de Lévis. Ceci dit, à partir de maintenant, nous, dans les prochains jours, on va revenir devant le public et on va les informer de ce qu’on veut faire [...] On comprend aussi que, politiquement, c’était rendu un peu compliqué là-bas [à Lévis].» – Régis Labeaume, maire de Québec

«Les villes nous avaient demandé, il n’y a pas si longtemps, d’accélérer la cadence et de les aider à le réaliser [le SRB] le plus vite possible. Maintenant, on comprend que ça vient de changer à Lévis.» – Mathieu Gaudreault, porte-parole du ministre des Transports, Laurent Lessard

«C’est un mal pour un bien. Un SRB est un équipement surdimensionné pour Lévis [...] Peut-être que ça va nous permettre d’arriver avec un projet plus intelligent pour Québec, avec une station d’interconnexion à la tête des ponts.» – Alexandre Turgeon, directeur général du Conseil régional de l’environnement (CRE - Capitale-Nationale)
 

—Avec la collaboration de Jean-Luc Lavallée et de Marc-André Gagnon