/misc
Navigation

Confortablement engourdis

Periode des questions
Photo Simon Clark Gaétan Barrette a des allures d’hyperactif dans une équipe trop passive.

Coup d'oeil sur cet article

La moitié des routes du Québec sont en mauvais ou en très mauvais état. Dans Lanaudière, il faudra deux mois pour réparer le cratère qui force la fermeture de l’autoroute 25! On libère des présumés meurtriers et des motards criminalisés parce qu’on n’est pas foutu d’administrer la justice dans des délais raisonnables.

Quatorze ans après qu’un gouvernement a promis d’éliminer l’attente en santé, on souffre en silence pendant 15 heures dans les urgences.

Le décrochage scolaire demeure un fléau.

Après qu’on nous a saignés pendant des années par les hausses de taxes et de tarifs de toutes sortes, le gouvernement ne peut nous offrir qu’une maigre réduction fiscale de 55 $. Malgré ce désolant portrait, on ne perçoit aucun sentiment d’urgence chez nos élus québécois. Au contraire, on constate un cruise control étatique, jovial, qui rappelle la phrase clé lancée par l’ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, à l’effet que, malgré tout, la finalité, «c’est d’être heureux comme peuple».

L’EXCEPTION BARRETTE

À une exception.

Il écrase des pieds, passe des gants dans le visage, mais on ne peut reprocher au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de ne pas avoir fait preuve de leadership pour transformer le lourd réseau. Il a obligé les pharmaciens à s’approvisionner par appel d’offres pour faire baisser le coût des médicaments, aboli les agences régionales, regroupé des établissements, forcé les médecins à prendre en charge plus de patients et revu l’organisation des soins.

Oui, les services ont quand même souffert d’une trop faible hausse des dépenses dans le cadre des efforts pour atteindre le déficit zéro.

Oui, le ministre bulldozer s’est parfois inutilement comporté en intimidateur dans ses relations avec les professionnels.

Et, il est vrai que nous sommes globalement en attente des fruits que devraient porter ses transformations mises en branle avec fracas.

Mais le toubib a défié syndicats et corporatisme. Il a rué dans les brancards et entrepris des changements. C’est nettement préférable à l’immobilisme généralisé de ses collègues dont nous souffrons collectivement.

RONRON

Pendant ce temps, en éducation, il y a eu un plan de fusion des commissions scolaires... abandonné. Puis, un engagement de mettre fin aux élections scolaires, avec une transformation de la gouvernance... abandonné aussi.

Le nouveau titulaire, Proulx, semble plein de bonne volonté, mais il lui reste peu de temps pour engager le train sur la bonne voie.

Empêtrés, Laurent Lessard et Stéphanie Vallée doivent au mieux colmater les brèches dans leurs ministères en naufrage.

Heureusement (!), avec la légalisation de la marijuana, les Québécois comme les autres Canadiens bénéficieront d’un support médicinal pour garder le sourire.

Nous serons, nous aussi, confortablement engourdis.

La confidence assassine de la semaine

« Le pire des conseils des ministres de Jean Charest était cinq fois meilleur que le conseil des ministres actuel. »

-Un ancien ministre libéral