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Prévention de la carie : la région de Québec en queue de peloton

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Quelque 1250 enfants de maternelle sont à risque de carie dans la région de Québec, qui affiche également le pire taux de dépistage chez les élèves de 2e année, après Laval, déplore l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec (OHDQ).

«C’est un scandale! À cause du manque de ressources, à peine 5 % des enfants âgés de six et sept ans de la région de Québec ont été vus par l’hygiéniste dentaire, à l’école. Or, six jeunes sur 10 auraient besoin de se faire poser des agents de scellement qui permettent d’éviter les obturations», s’insurge la présidente de l’OHDQ, Diane Duval.

Les parents doivent payer pour les agents de scellement posés chez le dentiste.

«Consternés»

Selon l’organisme, le plan d’action gouvernemental de santé dentaire publique 2005-2012 prévoyait 26 hygiénistes dentaires en santé publique dans la région de Québec. Aujourd’hui encore, on compte moins de 20 postes d’hygiéniste à temps plein.

«Le gouvernement n’a jamais alloué les ressources qu’il fallait pour atteindre les recommandations de santé publique. On est consternés. Là où l’enfant a eu un agent de scellement, la carie a diminué de moitié en 6e année. Au lieu d’agir en prévention, on attend que la dent soit malade», dénonce Mme Duval.

Délais importants

Au surplus, déplore-t-elle, la région de Québec se retrouve en queue de peloton, car elle est l’une des rares où un dentiste-conseil doit encore autoriser les dépistages par les hygiénistes en santé publique.

«Comme il n’y a qu’un seul dentiste-conseil à temps partiel pour couvrir le territoire, cela occasionne des délais importants. En outre, un dentiste coûte trois fois plus cher qu’une hygiéniste. Laissons donc les hygiénistes faire le travail pour lequel elles ont les compétences. Ce sont les enfants qui en souffrent. C’est comme si on disait aux infirmières de ne plus vacciner», argue Mme Duval.

Suivi systématique

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale vise à ce que d’ici la fin de 2018, toutes les hygiénistes en santé publique soient autonomes dans la région.

«À la fin d’avril, nous aurons six hygiénistes autonomes. Tous les enfants de la maternelle ont été rencontrés pour un premier dépistage. Les enfants vulnérables à la carie sont suivis de façon systématique jusqu’à la 2e année et ils reçoivent des agents de scellement. On s’en va vers une mesure universelle afin de rejoindre les autres enfants», assure Caroline Chouinard, chef de service à la Direction de santé publique de Québec.