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Il veut donner une leçon à Amir Khadir en le poursuivant

Un entrepreneur ne comprend pas pourquoi le député l’a accusé sans raison

Amir Khadir, à qui un entrepreneur réclame 300 000 $ pour diffamation, devrait témoigner jeudi à Montréal.
Photo d'archives, Simon Clark Amir Khadir, à qui un entrepreneur réclame 300 000 $ pour diffamation, devrait témoigner jeudi à Montréal.

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Un entrepreneur autrefois associé à Tony Accurso veut donner une leçon au député Amir Khadir en lui réclamant 300 000 $ pour l’avoir associé au financement illégal des partis politiques.

«Je souhaite qu’il fasse attention pour ne pas attaquer les réputations. Avant de parler, on m’a appris qu’il faut se tourner la langue», a affirmé Marcel Mélançon à l’ouverture du procès civil mercredi.

M. Mélançon, 71 ans, reproche au député de Québec solidaire d’avoir tenu des propos diffamatoires deux fois en 2013, sur les ondes du 98,5 FM.

Faux selon lui

«Mais les cocktails de financement où étaient là des SNC Lavalin, où étaient des compagnies pharmaceutiques, des compagnies de construction, organisés par Marcel Mélançon, c’était monnaie courante, avait dit M. Khadir. C’est celui qui donnait le cours 101 de financement illégal à Jean Brault, qui en a parlé en Commission Gomery.»

Selon M. Mélançon, ces propos sont faux puisqu’il n’avait participé au financement du PQ qu’en 1995, lors du référendum, et à titre bénévole.

M. Khadir s’était rétracté et M. Mélançon croyait l’affaire terminée, mais le député en aurait remis le mois suivant, toujours à la radio.

«Je me sentais tellement floué et attaqué sans raison, a témoigné M. Mélançon. Je ne connais pas M. Khadir, j’ai du respect pour sa profession, je ne comprends pas pourquoi je me fais beurrer comme ça.»

Dommages

À cause des déclarations du député de Mercier, l’entrepreneur dit avoir souffert d’insomnie. Son travail a aussi été affecté, a-t-il ajouté.

«J’ai deux associés qui ne comprenaient pas pourquoi on était sur la sellette», a-t-il dit au juge Brian Riordan de la Cour supérieure du Québec.

Il affirme que ses enfants lui ont aussi posé des questions, et un beau-frère l’aurait même traité de «bandit à cravate».

«Je ne suis pas un gars qui s’amuse à poursuivre tout le monde, mais je suis rendu à un point où j’ai mon voyage, a-t-il dit. Ce que je souhaite, c’est qu’on me foute la paix.»

Accurso

M. Mélançon s’est aussi dit excédé d’être associé à Tony Accurso, un ex-entrepreneur souvent cité lorsqu’il est question de corruption dans la construction. C’est que M. Mélançon n’aurait plus de lien d’affaires avec lui depuis 1999.

«Dire que je suis un ex-associé de Tony Accurso, c’est très péjoratif, ça fait du mal, mais politiquement, c’est rentable et ça, je ne le prends pas», a-t-il dit.

Amir Khadir conteste de son côté la réclamation de l’entrepreneur. Il devrait d’ailleurs témoigner jeudi pour sa défense.

Dans un court point de presse à la fin des audiences, il a toutefois expliqué qu’il était important de débattre du «financement corrompu des partis» politiques, qui relève du débat public.

Il a ajouté qu’il ne fallait pas «blâmer les individus», mais qu’un changement dans le système était nécessaire.

Le député a conclu en affirmant que cette poursuite civile engorgeait le système judiciaire, surtout dans un contexte où les délais de cour font régulièrement les manchettes.