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Un resserrement des règles peu probable

Le cri du cœur de l’ex-protectrice du citoyen, qui n’avait pas pris l’argent, ne semble pas avoir été entendu

Raymonde St Germain
Photo d'archives, Simon Clark L’ex-protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain a renoncé, en janvier, à son indemnité de départ de 210 976 $ et a réclamé un resserrement des règles afin que cette indemnité ne soit pas automatique.

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L’abolition des généreuses indemnités de départ risquerait de nuire au recrutement des mandarins du secteur public et forcerait l’État à offrir des salaires plus élevés.

C’est la mise en garde du grand patron des emplois supérieurs du gouvernement, André Fortier.

Selon lui, la situation de Raymonde Saint-Germain, qui a renoncé en janvier à son indemnité de 210 976 $, est marginale et peut difficilement servir d’exemple.

Nommée au Sénat, l’ex-protectrice du citoyen a réclamé un resserrement des règles afin que les indemnités de départ ne soient plus automatiques.

Le ministre Pierre Moreau s’était alors dit favorable à une réflexion sur le sujet. Deux mois plus tard, le président du Conseil du trésor a changé de discours. «Cela ne fait pas partie de son mandat, il s’agit d’une opinion personnelle qu’il a exprimée dans ce contexte précis», signale sa porte-parole.

C’est le Secrétariat aux emplois supérieurs qui hérite finalement de la réflexion. «On nous a demandé de regarder ça», précise André Fortier, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

Sur une soixantaine de départs l’an dernier, seules deux personnes se sont retrouvées dans une situation similaire à Mme Saint-Germain, c’est-à-dire qu’un nouvel emploi les attendait après leur départ de la fonction publique québécoise, insiste le haut fonctionnaire issu du sérail libéral.

La disparition de cette indemnité «pourrait nuire à l’embauche ou, encore, il faudrait probablement à ce moment-là augmenter considérablement la rémunération, trouver une façon d’être attractif», plaide André Fortier.

Des salaires modestes au Québec

Dans sa livraison de mardi, Le Journal a constaté que la rémunération des PDG des sociétés d’État a bondi depuis cinq ans, malgré des rendements mitigés.

Le grand patron d’Hydro-Québec Éric Martel a empoché 647 263 $ l’an dernier, incluant les bonis, une hausse de 16 % par rapport à son prédécesseur Thierry Vandal.

André Fortier signale que le patron de sa comparable ontarienne, Hydro One, gagne 850 000 $ par an avec une possibilité de boni pouvant atteindre 4 millions $. «Ce que les chiffres démontrent, c’est que la rémunération des hauts dirigeants des sociétés d’État commerciales [au Québec] est très modeste, ou très raisonnable, comparée à celle de leur équivalent ailleurs au Canada.»

DE GÉNÉREUSES PRIMES À DES MANDARINS DE L’ÉTAT :

  • 565 503 $ à Thierry Vandal lorsqu’il a quitté Hydro-Québec en 2014.
  • 654 000 $ à Charles Lapointe, président de Tourisme Montréal, lorsqu’il a pris sa retraite en 2013.
  • 321 424 $ à Jean St-Gelais, ancien secrétaire général du gouvernement Marois et ex-PDG de l’Autorité des marchés financiers, lorsqu’il a quitté la fonction publique québécoise en 2015.