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Labeaume met sur la glace le SRB et lance une grande consultation

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo Simon Clark Le maire de Québec, Régis Labeaume

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Même s’il y croit toujours, Régis Labeaume enterre à son tour le projet de SRB dans sa forme actuelle. En quête d’un «consensus», il promet une grande consultation publique pour repenser l’avenir du transport collectif à Québec.

Deux jours après le retrait de la Ville de Lévis, Régis Labeaume a brisé le silence lors d’une conférence de presse très courue à l’hôtel de ville en fin d’après-midi, jeudi. Il avait convoqué les médias pour une «mise à jour» au sujet du Service rapide par bus (SRB).

Le plus gros projet de transport collectif de l’histoire de la région de Québec, évalué à plus de 1 milliard $, ne verra jamais le jour dans sa forme proposée à l’origine, a-t-il confirmé.

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo Simon Clark

«Il n’y a plus de projet SRB Québec-Lévis. Le projet, tel qu’on le connaît, n’existe plus. Nous nous retrouvons presque devant une page blanche parce que ce nouveau contexte nous permet de retrouver toute notre latitude et nos coudées franches pour relancer la discussion non seulement sur le SRB, mais de façon plus large sur le concept de mobilité. Nous reprenons le contrôle de notre agenda», a-t-il déclaré.

La grande consultation, qui survient huit ans après la série de consultations qui ont mené à l’adoption du Plan de mobilité durable, sera organisée par l’Institut du Nouveau Monde.

«Nous irons à la rencontre de la population dès le mois de mai. Je souhaite aller de l’avant rapidement parce que je veux que nous trouvions des pistes de solution pour ceux et celles qui sont pris dans le trafic chaque matin et chaque soir (...) On va en parler une fois pour toutes puis après ça, on va savoir où on s’en va», a-t-il renchéri en conférence de presse, flanqué du président du RTC Rémy Normand.

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo Simon Clark

Un projet de SRB différent?

Loin d’évacuer complètement l’idée du SRB, le maire Labeaume s’est dit ouvert à toutes les suggestions pour bonifier le projet, y compris à une modification du tracé qui devait emprunter le boulevard Charest, un point auquel il tenait pourtant mordicus.

«À partir de maintenant, avec les gens de Québec, on va se tricoter un projet de transport collectif à nous autres. Moi, je pense toujours que le SRB est une bonne solution. Ceci dit, on ouvre la porte toute grande pour ceux qui ont des idées, pour ceux qui veulent faire les choses autrement, pour les apprentis sorciers, pour les grands talents (...) On va se parler. De notre côté, on va répondre à des questions», a-t-il lâché.

Il a cependant complètement écarté le retour du projet de tramway, deux fois plus coûteux que le SRB. «On s’est fait dire non (par le gouvernement). Je ne rejouerai pas dans le film du tramway», a-t-il martelé.

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo Simon Clark

Pas de projet à soumettre aux électeurs

Le maire Labeaume a par ailleurs confirmé qu’il ne se mouillera pas officiellement sur un nouveau projet de transport collectif avant les prochaines élections de novembre. Il n’aura rien à proposer aux électeurs. «Là, je n’ai pas de projet. Il y avait un projet Québec-Lévis, mais il n’existe plus. Je n’aurai pas de projet aux élections», a-t-il laissé tomber.

Questionné sur l’influence de la campagne anti-SRB des radios dans sa prise de décision et l’imminence des élections à l’automne, le maire s’est refusé à tout commentaire. «Je n’embarque pas là-dedans. Je ne veux pas en parler. Ça ne donne rien. Ça ne règlera pas notre problème de transport collectif dans les prochains mois.»

D’autres citations du maire

  • «La décision de Lévis de se retirer du projet de SRB n’est une victoire pour personne, car elle reporte de plusieurs mois voire de quelques années un allégement certain de la pression sur la circulation vers le centre-ville.»
  • «On a besoin d’un réseau de transport collectif fort et robuste. Moi, je pense que le SRB est une solution puis ceux qui pensent que ce n’est pas une solution, qu’ils viennent nous le dire. Ça va être le temps (...) En définitive, nous amorçons un immense dialogue avec la population. Nous sommes à l’écoute des solutions qu’elle aura à nous proposer. Nous allons nous tricoter un système de transport collectif moderne, avec le monde et à notre goût.»
  • «Cette réflexion ne constitue pas une table rase de ce qui a été réfléchi et proposé. Pour prendre une image populaire, on garde le bébé. On ne fait que changer le bain et l’eau. C’est une façon d’aller plus loin.»
  • «Peut-être que huit ans plus tard (après les consultations sur le Plan de mobilité durable), il est nécessaire de retourner à l’écoute des citoyens et de les entendre sur leurs préoccupations en matière de mobilité et particulièrement nos citoyens de la périphérie de Québec, plus au nord, qui se sentent moins concernés par un projet de transport collectif. Surtout que de nouveaux moyens de transport sont apparus et qu’il faut peut-être en tenir compte dans notre réflexion. Je pense ici aux Uber, au Téo Taxi, aux nouvelles technologies qui changent le paysage de la conduite automobile.»
  • «Nous continuons de croire que Québec a besoin d’un système de transport en commun fiable, moderne et rapide qui soit la colonne vertébrale autour de laquelle la ville d’envergure se développe. Nos convictions n’ont absolument pas changé là-dessus. Nous croyons toujours que cela ne doit pas se faire au détriment de l’automobile et c’est pourquoi nous continuons de travailler à l’élargissement des principaux axes routiers de la région, soit Henri-IV et Laurentienne et à la reconfiguration de la tête des ponts.»