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Sexe et TV

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Le journaliste américain Bill O’Reilly était le chouchou de la droite et de Fox News. Il était payé 25 millions $ US pour présenter la quotidienne The O’Reilly Factor, des pinottes pour une émission qui rapportait 200 millions $ au réseau.

Ce proche de Donald Trump se retrouve aujourd’hui sans travail, sa réputation en miettes, rattrapé par des années de harcèlement sexuel et de conduite abusive.

Au fil des années, O’Reilly et Fox News ont versé 13 millions $ US à d’ex-collègues pour qu’elles se taisent. Pourtant, Fox n’est pas une binerie: le réseau appartient à la multinationale News Corp. du magnat australien de la presse, Rupert Murdoch.

Gros bidous

Comment une entreprise de cette envergure a-t-elle pu tolérer, et dissimuler, une conduite non seulement déplorable, mais illégale? On comprend mieux quand on sait que le PDG et créateur de Fox News, Roger Ailes, était lui aussi un harceleur sexuel habituel. Il a été congédié l’an dernier, une indemnité de départ de 40 millions $ US en poche (contre 20 millions $ US pour celle qui l’a dénoncé.)

Avec l’argent, il s’est offert une maison de 36 millions $ US à Palm Beach, près de Mar-a-Lago, le club privé du président Trump qu’il sert en qualité de conseiller spécial.

Pour sa part, O’Reilly recevra une compensation de 25 millions $ US.

Dégueulasse.

Paroles de femme

Selon la presse britannique, l’épouse d’un des fils Murdoch qui gèrent l’entreprise aujourd’hui a convaincu son mari de congédier O’Reilly. Mais les montants payés aux agresseurs et le temps que Fox News a mis à réagir m’enlèvent l’envie de crier “bravo!”

Les agissements de Ailes et O’Reilly étaient connus depuis des années. Too big to be fired (trop importants pour être congédiés) résume les excuses de la direction aux victimes qui n’ont reçu aucun soutien de leur employeur.

Cela ne vous rappelle pas l’affaire Marcel Aubut? Au moins, lui était bénévole.