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Disparition d'un mystérieux contrat: comportement «louche» de l'administration Couillard, selon l'opposition

Jean-François Lisée
Photo Simon Clark Jean-François Lisée

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Philippe Couillard doit lever le voile sur le mystérieux contrat de préparation de témoin que son administration a fait disparaître, réclame l'opposition.

Le ministère du premier ministre a accordé en novembre dernier un contrat de gré à gré au cabinet d'avocats BCF pour des «services-conseils auprès de témoins rencontrés dans leurs fonctions de soutien à l'activité ministérielle ou gouvernementale». Rendu public sur le portail public d'appels d'offres du gouvernement il y a un mois, le document s'est curieusement volatilisé à la demande du Conseil exécutif, a révélé notre Bureau parlementaire.

Pour l'opposition, c'est un comportement «louche» qui mérite des explications de la part de Philippe Couillard. «Si le ministère du premier ministre cherche à cacher l'existence de ce contrat, je pense qu'il faut absolument le lire en détail le plus vite possible, a soutenu le chef péquiste Jean-François Lisée. Plus ils veulent le cacher, plus on veut le savoir.»

Le député caquiste Éric Caire estime qu'un contrat pour préparer le témoignage d'un employé du ministère d'un chef d'État, c'est loin d'être anodin. «Je pense que le premier ministre a le devoir [...] de faire toute la lumière sur cette question-là, d'être extrêmement transparent et de s'expliquer», a-t-il insisté.

Chez Québec solidaire, on soupçonne un proche de Philippe Couillard d'avoir bénéficié des services-conseils de cet avocat. «C'est scandaleux! a pesté le député Amir Khadir. Je vous rappelle qu'au ministère du Conseil exécutif, le deuxième plus haut placé s'appelle Pietro Perrino. Quel est le lien entre ces deux-là? Je ne le sais pas. Je pose la question.»

Rappelons que l'ancien patron de la firme BCIA, Luigi Coretti, souhaitait convoquer M. Perrino à la barre des témoins si son procès pour fraude avait eu lieu comme prévu cette année. La Couronne a toutefois abandonné les accusations en novembre dernier.

C'est le ministre Pierre Moreau qui a volé au secours du premier ministre mercredi à l'Assemblée nationale. Il a soutenu que le contrat en question avait été rendu public «par erreur» sur le portail du gouvernement.

«Il allait à l'encontre des dispositions du secret professionnel. Il concernait une tierce personne qui n'a pas renoncé au secret et ne devait pas être publié», s'est-il limité à répondre aux partis d'opposition.