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Des élèves en échec obtiennent automatiquement la note de passage

Le ministère de l’Éducation fait passer tous les élèves qui ont obtenu 58% ou 59% aux épreuves ministérielles

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Le ministère de l’Éducation accorde automatiquement la note de passage à tous les élèves qui ont obtenu 58% ou de 59% lors des examens ministériels.

C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, jeudi lors de l’étude des crédits à l’Assemblée nationale, en réponse à une question du député péquiste Alexandre Cloutier, sur l’évaluation des élèves.

Lors des examens ministériels, «il y a des conversions qui sont faites» par le logiciel du ministère pour éviter «les erreurs de mesure» puisqu’il y a un «facteur humain» qui entre en jeu lors de la correction des épreuves ministérielles, a expliqué le ministre. «Un examen, ce n’est pas une science exacte», a-t-il lancé.

Il a toutefois été incapable de dire combien d’élèves avaient bénéficié de cette bonification de notes au cours des dernières années, une pratique qui existe depuis au moins 2008 et qui est bien connue dans le réseau de l’éducation, selon le ministre.

Ce «traitement des notes des élèves par le ministère» est en effet inscrit noir sur blanc dans le guide de sanction des études, un document ministériel transmis au réseau scolaire.

De son côté, Alexandre Cloutier s’est montré surpris par cette révélation. «À ma connaissance, c’est la première fois qu’un ministre de l’Éducation nous explique une telle façon de faire», a-t-il lancé.

Le député caquiste Jean-François Roberge, qui est lui-même un ancien enseignant, s’est dit quant à lui «ébranlé» par cette information. «Ça n’a pas de bon sens. Dans les faits, la note de passage devient 58%», a-t-il affirmé, avant de demander au ministre ce qu’il pensait de cette pratique et s’il comptait la modifier.

Le ministre Proulx n’a toutefois pas été en mesure hier de se positionner sur cette façon de faire, puisqu’il venait tout juste d’en apprendre l’existence. «Je n’ai pas l’ensemble des informations. (...) Je ne veux pas affoler les gens, loin de là. Je ne dis pas qu’il ne faut pas se poser de questions mais il faut apprécier les raisons pour lesquelles ç’a été mis de l’avant», a-t-il ajouté.