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Le boum du 3e lien

Plusieurs experts prévoient une ruée immobilière sur la Rive-Sud

Le boum du 3e lien
Photo Stevens LeBlanc

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Le troisième lien ne règlera pas la congestion, mais il créera un boum de développement résidentiel sur la Rive-Sud, selon plusieurs observateurs.

«Un troisième lien à l’est va favoriser l’étalement urbain sur la Rive-Sud et c’est pour ça que Lévis et la Chambre de commerce de Lévis sont d’accord avec un troisième lien. Ça leur apporte plus de résidants, plus de taxes, plus de commerces. Mais pour Québec, ça ne règle aucun problème.»

C’est l’opinion du président de la Chambre de commerce de Québec, Alain Aubut, qui déplore qu’aucun plan d’ensemble pour réduire la congestion n’ait été élaboré pour la région. Les artères déjà congestionnées de Québec le seront encore davantage avec un troisième lien, plaide-t-il.

«Ça va être intéressant pour la Rive-Sud», croit aussi Martin De Rico, évaluateur agréé chez De Rico Experts-Conseils. Surtout si le lien est aménagé dans l’est, où le territoire est moins développé.

«Si ça se passe à l’est, la Rive-Sud va en bénéficier parce que les gens seront capables de se trouver des terrains entre 70 000 et 85 000 $, au lieu des 170 000 $ sur la Rive-Nord. C’est sûr que les gens vont aller vivre à Beaumont. Ils vont être près de l’action à Lévis et de la Rive-Nord. La discrimination entre les deux rives pour le prix des terrains va toujours être là.»

Martin De Rico croit que cela peut être comparable au boum immobilier qui s’est créé à la suite du prolongement de l’autoroute Robert-Bourassa. À l’exception que cette fois, au lieu de combler un espace vacant au cœur de la ville, on s’étendra plus en périphérie.

«On va voir plus de développement résidentiel que commercial», estime l’expert. En termes de commerces, ce sont davantage des marchands de proximité qui y trouveront leur compte, selon lui.

Le maire de Beaumont, village voisin de Lévis, est convaincu que la construction d’un troisième lien dans l’est aurait un effet majeur sur le boum démographique qu’il vit déjà. Depuis cinq ans, sa population a augmenté de près de 22 %. «Si ça arrive, je n’aime pas le mot explosion, mais je crois que ça va augmenter énormément. On a déjà une population de près de 3000 habitants et même sans troisième lien, on croit qu’on va augmenter de 20 ou 25 % dans les trois prochaines années», a confié David Christopher.

Au plan économique, la Rive-Nord pourrait aussi en bénéficier avec des développements à Beauport et à Boischâtel, selon Martin De Rico. «Ça va aussi permettre à un secteur comme D’Estimauville de se développer.»

Alain Aubut, entrevoit la possibilité de résorber la pénurie de terrains industriels dans la région et de permettre à de entreprises qui veulent s’installer près de Québec de prendre racine à Lévis. La capitale en recueillera alors des retombées économiques, dit-il.

Le Port pourrait aussi en bénéficier, ajoute-t-il, grâce au développement de ses terrains dans le secteur de Beaumont.

La Chambre de commerce de Lévis n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

QUELQUES RÉACTIONS

« On n’a jamais dit qu’on était contre le troisième lien. On a dit que ce n’était pas la priorité. Parce que ça ne règle pas nos problèmes urgents comme la congestion et la remise à niveau du pont de Québec. Il y a des choses à régler avant de s’occuper de nouvelles patentes. »

—Alain Aubut, président de la Chambre de commerce de Québec

« Ça va modifier considérablement l’utilisation du sol du côté est. Si on veut équilibrer le développement économique de la Rive-Sud puis en donner un peu à l’est alors que c’est très localisé à l’ouest, il faut voir si c’est vraiment ça l’objectif. Mais si l’objectif, c’est la congestion, on n’y arrivera pas avec la construction d’un troisième lien, qu’il soit à l’est ou à l’ouest. Ça va créer plus d’activités, de commerces et de développement résidentiel. »

—Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du Département de géographie à l’Université Laval

«Le troisième lien, c’est important pour l’économie, pas rien que pour Beaumont et la MRC, on parle de l’est de la province, de Matane, de Gaspé puis des Maritimes aussi.»

—David Christopher, maire de Beaumont