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Notes gonflées : le ministre de l’Éducation considère que «le dossier est clos»

Seulement 1,6% des élèves concernés par les notes gonflées, selon Proulx

Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.
Photo Simon Clark Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.

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Seulement 1,6% de l’ensemble des élèves ont vu leurs notes de 58% ou 59% portées automatiquement à 60% lors de la correction d’épreuves ministérielles, a affirmé mardi le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, qui considère que «le dossier est clos».

«Après vérification, il y a 1,6% des épreuves qui sont allées en traitement statistique», a affirmé le ministre mardi à l’Assemblée nationale, en réponse à une question posée par le député caquiste Jean-François Roberge.

Le ministre Proulx a par ailleurs rappelé que ces examens ne comptent que pour une partie de la note finale obtenue à la fin d’une année scolaire. «Quant à moi, ce dossier-là est clos», a-t-il laissé tomber.

La semaine dernière, le ministre Proulx a créé la surprise en expliquant que les élèves qui obtiennent 58% ou 59% lors d’épreuves ministérielles se voient octroyer automatiquement la note de passage, soit 60%, après un «traitement statistique» qui existe depuis des années au ministère de l’Éducation.

M. Proulx a fait cette révélation à la suite d’un sondage de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) dans lequel 47% des profs interrogés affirment que les résultats de leurs élèves inscrits aux bulletins ont déjà été modifiés sans leur accord.

Vendredi, le ministre n’avait pas écarté la possibilité de tenir une commission parlementaire sur le phénomène des notes gonflées dans les écoles, en lien avec les affirmations des enseignants. Des vérifications seront faites à ce sujet, a-t-on répété mardi au cabinet du ministre.

Correction collective

Or la manipulation des notes continue de faire jaser. Afin d’enrayer ce problème qu’elle attribue à un «biais de correction», l’Association des cadres scolaires du Québec (ACSQ) propose aux enseignants de faire de la correction collective, une pratique déjà répandue dans quelques commissions scolaires. Il s’agit pour un enseignant de demander l’avis d’un autre collège ou de lui soumettre la copie à corriger en cas de doute.

L’ACSQ y voit une «solution», puisqu’il s’agit d’une méthode d’évaluation «plus juste» de l’élève. «Ce n’est pas la panacée, mais ça peut être une méthode intéressante», affirme son directeur général, Jean-François Parent.

Mais pour la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), il s’agit d’une solution «déconnectée de la réalité» qui «n’a rien à voir» avec le «tripotage de notes» vécu par les enseignants, affirme sa présidente, Josée Scalabrini. «Tant qu’il va y avoir des cibles de réussite à atteindre fixées par le ministère, du tripotage de notes, il va y en avoir encore», a-t-elle lancé.

À la Fédération autonome de l’enseignement, on considère qu’il s’agit d’une solution méprisante. «On dit aux profs qu’ils ne savent pas corriger et qu’on va leur montrer comment le faire», s’insurge son président, Sylvain Mallette, qui y voit un manque de respect pour le jugement professionnel des enseignants.