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Retour des Nordiques: Leschyshyn y croit lui aussi

Maintenant dans la quarantaine avancée, Curtis Leschyshyn a troqué le casque de hockey pour le chapeau de cowboy, mais ses souvenirs de l’époque des Nordiques sont toujours aussi vifs.
Photo Daniel Mallard Maintenant dans la quarantaine avancée, Curtis Leschyshyn a troqué le casque de hockey pour le chapeau de cowboy, mais ses souvenirs de l’époque des Nordiques sont toujours aussi vifs.

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C’est pour parler de sa deuxième vie à titre d’éleveur de taureaux que Curtis Leschyshyn a fait lundi une visite éclair à Québec. Mais l’ancien défenseur a vite été ramené à son premier rodéo, celui de ses sept saisons dans l’uniforme des Nordiques, qu’il voit toujours revenir à bon port tôt ou tard.

En ville pour promouvoir l’événement de la Pro Bull Riders (PBR) des 2 et 3 juin au Centre Vidéotron, Leschyshyn foulait pour une deuxième fois les couloirs du nouvel amphithéâtre. En janvier, il avait assisté au match des meilleurs espoirs de la LCF, dans lequel évoluait son fils Jake, admissible au repêchage de la LNH à la fin juin.

Pour lui, il ne fait aucun doute que la résurrection tant souhaitée des Nordiques à Québec surviendra, maintenant que le temple tant espéré dans les années 1990 est érigé.

«J’ai été renversé de voir cet amphithéâtre en janvier et encore aujourd’hui. Je ne peux pas croire à quel point c’est un bel édifice. Si cet amphithéâtre avait été construit à l’époque où je jouais, je peux vous garantir qu’il y aurait encore une équipe ici, assurément», a-t-il tranché.

Des franchises en danger

Aux yeux de Leschyshyn, la grande question n’est pas de savoir si les Nordiques renaîtront de leurs cendres, ni comment, mais plutôt quand.

«Ça arrivera par déménagement. Il y a quelques équipes que je ne nommerai pas qui semblent en être à leurs derniers miles dans leurs villes actuelles. Si ça se produit, ça fonctionnera à plein régime ici.

«Je pense que ça arrivera, mais je n’ai aucune idée du temps que ça pourrait prendre. N’importe qui dans la LNH qui viendra dans cet amphithéâtre se demandera pourquoi il n’y a toujours pas d’équipe ici. La ville le mérite», a-t-il indiqué.

Un habitué des déménagements

En frais de possibilité de déménagement, celui qui a disputé 1033 matchs en 16 saisons dans la LNH s’y connaît. Leschyshyn se veut en effet l’un des rarissimes athlètes dans le monde du sport à avoir vécu les aléas d’un transfert, deux fois plutôt qu’une!

L’arrière a vu les Nordiques faire leurs boîtes de Québec à destination de Denver au terme de la saison 1994-95, avant de revivre pareil chamboulement deux ans plus tard, de Hartford à Raleigh, où évoluent toujours les fragiles Hurricanes.

«Un déménagement est plus facile qu’un échange parce que tu quittes une ville en tant qu’équipe, plutôt que comme individu. La première fois que j’ai été échangé, du Colorado, c’était le pire moment de ma carrière, honnêtement. Tu dois quitter tes amis, ceux avec qui tu as joué toute ta carrière, pour t’en aller dans un endroit où tu ne veux pas nécessairement aller.

«Quand tu déménages comme équipe, tu peux rester en groupe et chacun prend soin des autres. Ce n’est pas facile pour la ville, mais du point de vue d’un joueur, c’est plus facile à vivre qu’un échange», a-t-il fait valoir.

La Coupe pour Québec

Répétant à plusieurs reprises à quel point la passion des partisans de Québec pour le hockey n’a pas son égale, le troisième choix au total du repêchage de 1988 par les Nordiques n’éprouve qu’un regret: celui de n’avoir pu défiler sur la Grande Allée avec la coupe Stanley arrachée avec l’Avalanche du Colorado, au printemps 1996.

«Je pensais sincèrement que nous aurions l’opportunité comme équipe de ramener la Coupe ici. J’imagine que certaines personnes ont interprété cela comme une mauvaise façon de faire les choses. Une partie de Québec était encore avec nous quand on a quitté.»

D’une arène à l’autre

Maintenant dans la quarantaine avancée, Curtis Leschyshyn a troqué le casque de hockey pour le chapeau de cowboy, mais ses souvenirs de l’époque des Nordiques sont toujours aussi vifs.
Photo Daniel Mallard

En sept ans à Québec, Curtis Leschyshyn a été à même de constater la passion qui anime la ville pour les grands événements sportifs. C’est dans cette optique que l’ancien défenseur devenu éleveur de taureaux estime que le passage de PBR en ville les 2 et 3 juin transformera avec succès le Centre Vidéotron en gigantesque saloon.

Leschyshyn a accroché ses patins en 2004, mais déjà huit ans plus tôt, à la première saison de l’Avalanche au Colorado, qu’il s’est découvert son actuelle passion.

Celui qui, dès son enfance dans l’Ouest canadien, est vite devenu féru de rodéo, ne s’attendait toutefois pas à revenir dans sa première ville d’adoption au hockey, chapeau de cowboy vissé sur la tête et bottes aux pieds.

Succès en vue

«Il y a maintenant du gris dans ma barbe, mais j’étais ici à 18 ans et cette ville tient une place particulière dans mon cœur. Je suis juste heureux de rencontrer enfin des journalistes qui ne sont pas là pour me demander pourquoi j’ai fait une mauvaise passe qui a coûté le match à mon équipe!», a badiné l’ancien numéro 7 des Nordiques.

«Je ne me serais jamais imaginé en arriver là. Je me suis pointé ici comme gamin et j’y reviens dans le cadre d’un événement PBR. Ça n’a jamais été un planifié. À ma retraite, je voulais juste trouver une manière de demeurer dans la compétition», a poursuivi celui qui est aujourd’hui propriétaire de 25 bêtes formées au Texas pour devenir des machines de compétition.

Aux yeux de Leschyshyn, même si Québec n’a rien d’une ville teintée de la culture unique de l’univers des monteurs de taureaux, l’événement auquel il se promet d’assister – sans ses taureaux toutefois – promet son lot d’artifices.

«Québec est une ville passionnée de sports extrêmes et je ne sais pas s’il y a quelque chose de plus extrême que le bull riding. L’énergie est contagieuse dans ces événements.

«Quand les gens de Québec auront assisté à un tel événement, ils en voudront plus. C’est de cette façon que je me suis senti à mon premier événement PBR. Les taureaux et l’amour des gens de Québec pour le sport, ce sera un mariage intéressant», a-t-il assuré.

L’amour des taureaux

S’il suit toujours les prouesses des hockeyeurs de la LNH en séries, Leschyshyn est d’avis que les taureaux et leurs monteurs œuvrant en PBR n’ont rien à envier aux plus grands athlètes de ce monde.

«C’est l’une des compétitions les plus intenses qui soient. Avec l’énergie qui se dégage, les taureaux comprennent que c’est leur grand moment. Ils sont super intelligents. Ils ont tout pour être considérés comme athlètes de pointe.

«Des bull riders me disent que les joueurs de hockey sont fous et je leur réponds: Non, c’est vous qui êtes cinglés! Je préférerais voir Eric Lindros ou Cam Neely m’enfoncer dans la bande 100 fois plutôt que de monter sur un taureau», a-t-il imagé.

En ce moment, la terre qui sera nécessaire au fond de sol est en préparation, de même que les infrastructures d’accueil des athlètes et taureaux. Ne reste plus qu’à attendre les bêtes, leurs monteurs et tout le bataclan.