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Pierre Moreau crée un gros malaise

Pierre Moreau crée un gros malaise
Photo d'archives

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Hier, à l’Arsenal, à Montréal, se déroulait le Bal annuel de la Croix-Rouge, un événement mondain destiné à financer l’organisme.

 

Les invités (j’en faisais partie) étaient accueillis par deux rangées de bénévoles qui formaient une sorte de haie d’honneur.

 

Les projecteurs étaient dirigés sur les femmes en robe de soirée et les hommes en cravate, mais selon moi, ce sont ces bénévoles qui étaient les véritables vedettes du Bal.

 

Des gens extraordinaires, avec le cœur sur la main.

 

Le ministre Pierre Moreau est monté sur la scène pour prononcer un discours rendant hommage à Michèle Dionne, instigatrice de cette soirée, qui se bat bec et ongles depuis 13 ans pour que le milieu des affaires finance les activités de la Croix-Rouge par des dons.

 

Jusque là, pas de problème.

 

Le hic est qu’après avoir salué (avec raison) le travail de madame Dionne, le ministre Pierre Moreau a déclaré : « Maintenant, si vous le voulez bien, madame Dionne, je vais adopter un ton plus personnel. J’aimerais m’adresser à votre mari, monsieur Jean Charest, et dire aux gens ici présents à quel point ce fut un honneur et un privilège de travailler au sein de votre gouvernement, monsieur Charest... »

 

Malaise dans la salle. Mais qu’est-ce que cet hommage à l’ancien premier ministre venait faire là ?

 

Après les commentaires mesquins et déplacés de Gaétan Barrette, qui a profité des inondations pour faire de la petite politique et « planter » les souverainistes, voici maintenant que le ministre Moreau profitait de cette soirée bénéfice pour lancer une bouée de sauvetage à son ancien patron qui fait l’objet d’une enquête de l’UPAC !

 

Primo, c’était hyper sexiste (Jean Charest n’a rien à voir avec la Croix-Rouge, il accompagnait sa femme, c’est tout, c’est elle qui a fait tout le boulot...)

 

Et secundo... Quelle maladresse ! Profiter d’une soirée rendant hommage au travail des bénévoles de la Croix-Rouge pour dire à Jean Charest : « Ne crains rien, Johnny, on est derrière toi, buddy ! »

 

Jean Charest est-il un sinistré ? A-t-on monté une tente de la Croix-Rouge devant sa maison à Westmount ? Des bénévoles vont-ils l’aider à se débarrasser de documents qui pourraient être compromettants ?

 

Une enquête de l’UPAC n’est quand même pas un Act Of God... !

 

Après son discours, monsieur Moreau a quitté la salle et est reparti pour Québec.

 

Et tout le monde s’est regardé en se disant : « WTF ? »