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Aimer Bombardier? Couillard a raison!

Aimer Bombardier? Couillard a raison!
Photo Agence QMI, Simon Clark

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«Les Québécois doivent continuer d’aimer Bombardier.» En voyant cette citation du premier ministre dans Le Journal plus tôt dans la semaine, je sais que plusieurs ont dû rire. Récemment, ce qui est de bon ton, c’est de cracher son fiel contre Bombardier.

Les dirigeants de l’entreprise ont couru après, j’en conviens. La politique de rémunération déposée n’est pas compatible avec la réalité d’une entreprise qui a eu dramatiquement besoin de l’aide de l’État. L’Assemblée des actionnaires n’a rien réparé.

Mais se pourrait-il que le fleuron québécois Bombardier soit un peu plus que sa politique de rémunération 2017? Nous en avons combien des entreprises de cette envergure au Québec, capables de rivaliser sur la scène mondiale dans des secteurs de pointe?

Bombardier a une place de choix dans l’histoire économique du Québec. La compagnie a démarré sur la base du génie d’un inventeur qui fait encore notre fierté. Au fil des ans, elle est demeurée un leader dans le domaine de l’innovation.

Des employés d’élite

Bombardier, ce n’est pas seulement une poignée de dirigeants. C’est d’abord 60 000 employés, dont près de 15 000 au Québec. Des scientifiques, des opérateurs, des travailleurs d’usine, des comptables, des vendeurs, etc. Des femmes et des hommes passionnés qui produisent des trains et des avions parmi les meilleurs au monde.

Bombardier, c’est aussi le savoir de ses employés. Avez-vous imaginé la somme de connaissances et de savoir-faire que se partagent ces milliers d’employés? Phénoménal. Nous en avons combien d’autres bassins de savoir semblables dans le Québec? Une poignée.

Et la CSeries? Facile de regarder tout le négatif. Plus long et plus coûteux que prévu à développer, l’avion est difficile à vendre en face de concurrents géants comme Airbus et Boeing. Néanmoins, le génie chez Bombardier a mis au point un appareil révolutionnaire qui repousse les limites de la technologie quant au faible bruit et à l’économie de carburant. De quoi être fier malgré les embûches.

Notre argent investi

Pour ceux que tout cela n’impressionne pas, je vais vous donner une autre raison d’aimer Bombardier comme vous le demande monsieur Couillard. Notre gouvernement a investi 1,3 milliard de dollars dans la CSeries. Notre Caisse de dépôt a quant à elle placé 2 milliards $ de nos fonds de retraite dans Bombardier.

Ne serait-ce que pour des raisons purement égoïstes, notre intérêt à ce point-ci, c’est que le géant Bombardier connaisse du succès, que son plan de relance donne des résultats. Par simple goût d’un défoulement, se faire un sport national de salir cette entreprise sur la place publique serait absurde et improductif. Cela vaut aussi pour les abus de langage opportunistes des partis d’opposition.

Aimer Bombardier ne veut pas dire ne jamais être critique. La Caisse de dépôt a semoncé formellement l’entreprise pour sa gouvernance. Mais il faut en parler comme d’un fleuron qu’on veut garder dans le droit chemin et non comme d’une bande de voyous auxquels nous souhaitons du mal. Ces derniers jours, le langage dérape dangereusement.