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De chanteur d’amour à vrai boute-en-train

Jason Mraz a joué à fond la carte de l’humour dans un Capitole conquis, lundi soir

Spectacle du chanteur Jason Mraz au Capitole de Quebec,
Photo Daniel Mallard Le concert solo de Jason Mraz marquait ses retrouvailles avec Québec, sept ans après son seul concert au Colisée Pepsi, en 2010.

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On connaissait déjà très bien Jason Mraz, le gars qui chante l’amour à toutes les sauces. Lundi soir au Capitole, on a découvert que la vedette californienne disposait d’une bonne dose d’humour dans son arsenal.

En mode solo pour une courte tournée de spectacles destinée autant à casser de nouvelles pièces qu’à renouer avec son public de Québec dans un cadre intime (son seul et unique concert dans la capitale remonte à 2010 au Colisée Pepsi), Mraz a joué les boute-en-train toute la soirée, au grand plaisir d’un Capitole rempli et suspendu à ses lèvres.

Malgré les années qui ont passé depuis sa dernière visite, la star de 39 ans était en territoire conquis.

Débarqué en toute simplicité avec sa guitare acoustique, sa chemise aux manches roulées et une casquette grise, Jason Mraz a été applaudi à tout rompre avant même de pousser les premières notes de Let’s See What The Night Can Do.

Rapidement, il a annoncé ses couleurs. On était là pour s’amuser. Étiré au maximum pour lui permettre de raconter ses débuts dans un café, Tonight, Not Again, le troisième titre au programme, s’est transformé en un festival d’onomatopées. «Je crois bien que je vais faire un album juste de ça», a lancé Mraz.

La moindre de ses boutades a suscité les rires, qu’il se transforme en directeur de chorale ou qu’il se moque des DJ en imitant leur gestuelle derrière son clavier.

Des nouveautés en développement

À cet effet, ses talents de comique ont admirablement servi des nouveautés qui semblaient pour certaines encore à l’étape du brouillon.

Ainsi, tout au long de l’entraînante Work In Progress, Mraz a tout simplement raconté que la chanson n’est pas finie en décrivant toutes les étapes de sa conception. «Je suis en train d’écrire le pont et ce soir il sonne comme ça», a-t-il chanté.

Chocolate, qui vante les vertus du mariage, et Mr Curiosity, que Mraz a livrée au piano avec un convaincant aperçu de sa voix de chanteur d’opéra, ont aussi obtenu de fortes réactions.

Or, ce généreux concert de deux heures n’a pas été uniquement l’apanage du matériel tout neuf. De fait, c’est quand il a déballé «sérieusement» les Lucky, A Beautiful Mess, Love Someone et I Won’t Give Up que Mraz, à fleur de peau, s’est montré sous son plus beau jour.

Et son fameux I’m Yours, que tout le monde attendait, n’a pas déçu tellement Mraz l’a offert comme si c’était la première fois qu’il la chantait. La marque d’un vrai pro.

Heureux de jouer dans de petites salles

S’il n’en tenait qu’à lui, Jason Mraz ne jouerait plus jamais dans les amphithéâtres. Il préfère de loin l’intimité que lui procurent des salles comme Le Capitole et le Théâtre Saint-Denis, a-t-il révélé lors d’une rencontre avec la presse de Québec, lundi, avant le premier de deux concerts chez nous.

- Pourquoi avoir décidé de jouer dans de petites salles pour cette courte tournée en solo de quatre dates?

«J’aime ça. Si je le peux, c’est ce que je ferai pour le reste de ma carrière. J’ai été chanceux de connaître la gloire, mais j’ai le sentiment ce faisant d’avoir perdu le contact avec le public et qui j’étais à l’origine, un gars qui jouait dans des cafés et salles de moindre envergure.»

- Se retrouver seul sur scène doit te donner beaucoup de liberté?

​«Ça change tous les soirs. Ça dépend de la réponse de la salle et de mon humeur aussi. Quand je jouais dans de grandes configurations, je devais dire précisément à mon équipe ce que j’allais faire. En étant seul, si j’ai le cafard, je peux jouer des chansons très tristes avec mon harmonica et explorer cette émotion.»

- Y a-t-il beaucoup de nouvelles chansons dans le spectacle?

«Elles constituent la moitié du spectacle, mais on dirait que personne ne s’en rend compte parce qu’elles se marient bien à mon répertoire.»

- Qu’en est-il du prochain album (le dernier, Yes!, remonte à 2014)? A-t-il un titre?

«Le titre de travail depuis deux ans est Masterpeace. Ambitieux? Certes, mais pourquoi pas? En gros, ça pose la question si nous sommes sur Terre pour faire la guerre ou la paix. Des gens croient que la guerre est la clef pour avoir la paix, moi je ne crois pas que c’est possible. Mais ce n’est pas un album politique.»

- Crois-tu néanmoins que certains vont quand même faire des liens avec Donald Trump et tout ce qui se passe dans le monde présentement?

«Je pense qu’ils vont faire des liens avec notre époque. C’est difficile de l’éviter. Mais je ne vise aucun politicien ou parti politique. J’essaye seulement de communiquer aux humains en général.»

Après Québec lundi, Jason Mraz montera sur la scène du Théâtre Saint-Denis, à Montréal, jeudi soir.