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Affaire Lagacé: Le SPVM a fait circuler de fausses informations

Le guet-apens n’a jamais abouti dans les médias

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Les enquêteurs du SPVM qui ont espionné Patrick Lagacé ont fait circuler de fausses informations afin de vérifier si elles se retrouveraient dans les médias dans le but de piéger un policier.

C’est ce qu’a indiqué Normand Borduas, un témoin entendu à la commission Chamberland sur les sources journalistiques mercredi.

Ancien enquêteur aux Affaires internes du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), M. Borduas poursuivait son témoignage expliquant comment il en est venu à obtenir les données cellulaires du chroniqueur Patrick Lagacé de La Presse.

Dans le cadre de ce dossier, les communications de plusieurs policiers ont été examinées. L’un de ces policiers était soupçonné d’avoir laissé filtrer des informations sensibles à des journalistes. Le policier visé n’a pas été identifié devant la commission mercredi.

Provocation

Les enquêteurs souhaitaient faire la lumière sur des cas d’articles diffusés dans les médias qui révélaient des données appelées «hold back», dans le jargon policier. C’est-à-dire des informations sur des enquêtes en cours et connues uniquement des enquêteurs et du suspect, a expliqué M. Borduas.

Couler des informations «hold back» dans les médias peut nuire aux enquêtes et constitue «une infraction criminelle pour laquelle on avait l’obligation d’enquêter», a-t-il souligné.

Quelque part entre mars et mai 2016, il a donc notamment utilisé une technique dite «de provocation» afin de pincer le policier qu’il soupçonnait d’être trop bavard. Par le biais d’un agent d’infiltration, des enquêteurs ont volontairement fait circuler des informations privilégiées qui étaient en fait «fictives».

Ses patrons étaient d’ailleurs au courant que cette technique allait être utilisée, puisqu’elle apparaissait dans le plan d’enquête rédigé par M. Borduas.

Pas mordu

Finalement, le guet-apens n’a jamais porté ses fruits puisque les fausses informations n’ont abouti à aucune publication. «Les méthodes de provocation qu’on a faites avec ce policier ont démontré qu’il n’a pas partagé l’information à des médias [...] On était d’avis qu’il ne l’avait pas fait», a conclu M. Borduas.

Par contre, les enquêteurs ont poursuivi leur espionnage d'un autre policier impliqué dans le même dossier, soit Fayçal Djelidi, qui a eu quelque 85 contacts téléphoniques ou par messages textes avec Patrick Lagacé.