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La campagne va être longue!

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Octobre 2018. Le prochain scrutin provincial est dans près d’un an et demi. Et pourtant, la campagne électorale est déjà commencée!

Nous sommes plusieurs à avoir sursauté en voyant, dans l’horaire chargé du premier ministre, vendredi dernier, une visite de courtoisie de Philippe Couillard dans un club de l’âge d’or de Côte-Saint-Luc, à Montréal. N’en déplaise aux aînés, cette présence du chef de l’État ne s’explique pas par une soudaine passion pour les «pichenottes» en leur compagnie.

Dans les dernières semaines, avant les pluies diluviennes, M. Couillard a privilégié les séjours loin de la presse parlementaire, passant quatre jours consécutifs en Mauricie et se rendant en Gaspésie, notamment.

Sans pousser trop loin le bouchon du cynisme, les inondations ont même été providentielles pour son gouvernement et se sont inscrites naturellement dans cette stratégie.

Confronté aux révélations sur les pratiques antérieures de financement de son parti et à la grogne exprimée ouvertement par ses députés mécontents, le chef libéral préférait sans doute aller patauger dans les rues submergées et prendre congé des fauves du parlement.

Dans l’ouest de Montréal, à Gatineau, en Mauricie, l’eau était froide, mais moins trouble.

Des signes

La multiplication des visites en région, une soudaine abondance de publicités gouvernementales, ce sont des signes qui ne trompent pas.

La loi sur le scrutin à date fixe, avec la prévisibilité du rendez-vous, entraîne une conséquence qui a été sous-estimée: le Québec vivra une précampagne sans fin, et une campagne officielle beaucoup plus longue.

«Oubliez les habituels sprints de 30 jours avant le vote, attachez vos tuques, ce sera un marathon», nous a confié un élu péquiste se préparant en conséquence.

Tous les coups sont permis

La CAQ a déjà lancé une campagne de publicité négative, utilisant la non-élue Sonia Lebel pour vendre l’idée que les libéraux font «reculer le Québec».

Sur Twitter, la guerre est commencée depuis un bon moment. Rien de très élégant.

Le PLQ a publié des messages dépeignant Jean-François Lisée comme le protagoniste d’un film d’horreur. «Le nouveau plan de Lisée, c’est cinq années de campagne référendaire: cinq ans d’incertitude, cinq ans de division», sur fond bleuté à glacer le sang accompagné d’une photo peu flatteuse du chef péquiste.

Les libéraux ont aussi concocté un message mettant en scène François Legault, l’air hagard, affublé du slogan: «La CAQ parle encore des deux côtés de la bouche».

Si on a droit à pareilles démonstrations douteuses à plus d’un an du scrutin, qu’est-ce que ce sera dans la dernière ligne droite? À l’ère de Donald Trump, tous les coups seront probablement permis...

Photo Courtoisie

 

Photo Courtoisie

Le chiffre de la semaine: 5

Après les Paradis, Sklavounos, Surprenant (chassés de leur parti) et Martine Ouellet (devenue chef du Bloc québécois), Gaétan Lelièvre devient le cinquième député indépendant au Salon bleu.