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Vélo de montagne: bon virage pour Antoine Caron

Le cycliste s’est converti avec succès à l’enduro après une blessure

Après avoir roulé sur le circuit de la Coupe du monde de cross-country, Antoine Caron est devenu un adepte d’enduro, qui combine le cross-country et la descente.
Photo Didier Debusschère Après avoir roulé sur le circuit de la Coupe du monde de cross-country, Antoine Caron est devenu un adepte d’enduro, qui combine le cross-country et la descente.

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La carrière du cycliste Antoine Caron a pris un virage inattendu au moment où il rêvait de participer aux Jeux de Rio. Victime d’une fracture du poignet qui a anéanti ses espoirs olympiques en cross-country, Caron s’est reconverti à l’enduro à son retour en piste, un choix qui pourrait le propulser vers les sommets.

L’enduro, c’est un mélange de descente et de cross-country en vélo de montagne. La course est divisée en différentes sections chronométrées, et le temps de chacune d’elles est additionné pour déterminer un classement. La discipline gagne en popularité depuis quelques années.

Voué à un avenir prometteur en cross-country – Caron avait notamment fini 10e aux championnats du monde juniors du Mont-Sainte-Anne en 2010 –, l’athlète de Stoneham a dû se faire extraire le scaphoïde endommagé à la suite de sa blessure subie à la fin de l’été 2015. L’année suivante, il a décidé de se convertir à l’enduro. Il a eu la piqûre.

«C’est une chirurgie qui requiert beaucoup de temps de récupération. Je savais que j’arriverais à l’été 2016 avec un état de forme assez limité. Avec l’enduro, même si tu n’es pas à 100 % de ta forme, tu peux quand même t’amuser, tandis qu’en cross-country, faut vraiment être en forme pour avoir du fun, raconte Caron, rencontré à l’entraînement.

«J’ai adoré ça dès le début. Au fur et à mesure que mon niveau de forme s’améliorait, j’ai commencé à avoir de bons résultats et j’avais tellement de plaisir. Je vois que j’ai plus de potentiel en enduro.»

Contrat professionnel

Caron participe à quelques étapes de l’Enduro World Series, qui a été créé en 2013 sous l’égide de l’Association de vélo de montagne enduro (EMBA), une organisation indépendante de l’Union cycliste internationale (UCI), et à des épreuves dans le nord-est des États-Unis.

Si Caron considère qu’il a encore tout à apprendre dans cette discipline, ses performances lui ont tout de même valu un contrat avec l’équipe Pivot Reynolds Enduro, ce qu’il n’avait jamais été en mesure d’obtenir par le passé. L’écurie lui fournit, entre autres, ses deux vélos.

«On a un niveau de support comme je n’ai rien connu auparavant, explique le vététiste de 25 ans, qui s’envolera lundi pour l’Irlande. C’est payant quand tu es parmi les meilleurs au monde. Pour l’instant, je dois avoir un autre emploi à côté, mais ça me permet de couvrir mes dépenses pour aller aux compétitions et d’en vivre un peu.»

Du temps

Le Québécois croit plus que jamais à ses chances de se retrouver, un jour, parmi les ténors du sport. «En ce moment, si on prend le top 10, il y a des gars qui ont 20 ans et d’autres qui ont 35 ans. La plage idéale de performance est assez grande.»

GAAP Enduro - Gestev au fait de la popularité grandissante

Le GAAP Enduro prendra d’assaut le Mont-Sainte-Anne dans le cadre du 15e Vélirium, du 4 au 6 août. Gestev lorgnait cet événement depuis un moment.

L’événement d’enduro aura lieu à l’ouverture des festivités du Vélirium, le vendredi, soit la veille de la Coupe du monde de descente. Fondée en 2014 par Gabriel Drouin et Patrice Dorion, la course était habituellement présentée quelques semaines après le grand rendez-vous de vélo de montagne du MSA. Gestev en a repris l’organisation au cours des dernières semaines.

«Ça fait bien des années qu’on regarde l’enduro pour l’ajouter au programme, précise en entrevue le président de la firme québécoise, Patrice Drouin, révélant que le fondateur du World Series, Chris Ball, était un délégué technique de l’UCI qui venait au Mont-Sainte-Anne.

«On a eu des événements qui ressemblaient à de l’enduro, mais on trouvait que l’engouement s’était stoppé [...], a ajouté M. Drouin. Puis, notre programme est devenu super intense avec l’ajout de catégories en descente et en cross-country, des heures d’entraînement. On a fait du ménage. On a gardé le Raid et on regardait ce qu’on pouvait faire pour les autres genres de participants.»

Engouement populaire

Lui-même un pionnier du vélo de montagne au Québec, le grand patron de Gestev sent grandir l’intérêt autour de l’enduro.

«Il y a un engouement, a-t-il remarqué. C’est un style de sortie de vélo qui rejoint monsieur et madame Tout-le-monde. La descente, c’est une élite, ce ne sont pas des dizaines de milliers de personnes qui en font. Avec l’enduro, c’est très large comme clientèle. C’est du cross-country amélioré.»

Drouin espère attirer une centaine d’adeptes avec le GAAP. Et il ne cache pas son désir d’élever la course à un autre niveau jusqu’à la venue des championnats mondiaux à Beaupré, en 2019.