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Amir Khadir: mon meilleur ennemi

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Comment ne pas admirer la fougue du franc-tireur de l’Assemblée nationale? Parfois l’idéologie l’aveugle, mais il lui arrive de viser juste. Sa maîtrise de la langue et son éloquence forcent l’admiration (du moins lorsqu’il daigne s’exprimer en français). Mais récemment, le député de Mercier ressemble à son ombre.

Intelligent — physicien devenu médecin , courageux, il a fait du travail humanitaire en zone de guerre —, pas du tout motivé par l’argent, Amir Khadir est l’antithèse du docteur Bolduc, l’ex-ministre collectionneur de primes qui bredouillait des insignifiances...

C’est le contraire d’un carriériste qui quémande des cadeaux aux firmes d’ingénierie... Il se moque aussi de tous nos notables contents de leurs positions qui engrangent de l’argent en siégeant à des CA prestigieux comme plusieurs de nos anciens premiers ministres.

Une trahison ?

Cette semaine, mon «ennemi préféré» proposait que les compagnies d’assurance soient plus transparentes face aux affligés des inondations. Grâce à une entente entre Ottawa et Québec pour créer un fonds national d’indemnisation, il demandait à ce que les sociétés cessent de se soustraire à leurs obligations. Bonne idée! Mais il est bien mal placé pour donner des leçons à ceux qui se défilent, me suis-je dit.

C’est lui qui est le premier à introduire l’anglais à l’Assemblée nationale... Pour un partisan de la loi 101 anciennement du Bloc québécois, ça me semble tout un manquement à ses obligations!

Solidarité moutonnière

Le parti pseudo-souverainiste dont Khadir fut naguère le co-porte-parole n’est plus tant de gauche qu’obsédé, purement et simplement, par une rectitude politique importée des campus américains.

Combien de temps un esprit libre comme Amir Khadir sera-t-il capable de rester en pareille compagnie? À mon avis, il va bientôt tirer sa révérence.

Et dire que pendant ce temps, Jean-François Lisée tend la main à ce parti qui ne veut plus rien savoir de la nation, au nom de l’«inclusion».