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Philippe Couillard à Ramallah: Un pas dans la bonne direction, croit un expert

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Photo d'archives Simon Clark Le premier ministre Philippe Couillard

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Le détour en territoire palestinien qu’effectuera le premier ministre Philippe Couillard, lors de sa mission économique en Israël, est un «pas dans la bonne direction», selon un expert du Moyen-Orient, Jean-Pierre Derriennic.

 

Jean-Pierre Derriennic expert
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Pour n’importe quelle personnalité politique, se rendre à Jérusalem, où se joue l’un des plus vieux conflits du monde, oblige à une grande prudence sur le plan diplomatique. C’est justement cet endroit (considéré par les Israéliens comme leur capitale, sans que ce soit reconnu par le droit international) que M. Couillard visitera en premier, demain, après avoir volé de Montréal à Tel-Aviv.

Marcher sur des œufs

Même si M. Couillard est le premier ministre d’une simple province et non d’un pays, une fois à Jérusalem, «il faut faire attention à ce que l’on fait et à ce que l’on déclare, selon l’endroit où l’on se trouve», a souligné M. Derriennic, qui enseigne au Département de science politique de l’Université Laval. «On marche sur des œufs à Jérusalem, ailleurs, pas vraiment», a résumé le professeur. Ce n’est donc pas un hasard si la plupart des activités prévues dans le cadre de ce voyage auront lieu à Tel-Aviv, où se retrouvent les grandes ambassades en Israël.

À Jérusalem, M. Couillard devra notamment éviter, par exemple, tout rendez-vous avec des officiels israéliens dans la partie est de la ville, que les Palestiniens revendiquent comme étant la capitale de leur État. Une fois en Cisjordanie, M. Couillard devra éviter de rencontrer des entreprises israéliennes installées en territoire occupé.

« Bonne décision »

En revanche, les autorités palestiniennes seront «très certainement ravies» de recevoir le premier ministre du Québec à Ramallah. «Tout contact international les aide, croit M. Derriennic. Ça les fait sortir un tout petit peu de leur isolement. Ça leur donne un tout petit peu plus de crédibilité vis-à-vis de leur population, des autorités israéliennes, etc.

«C’est plutôt une bonne décision de la part du premier ministre du Québec que de se rendre à Ramallah et de rencontrer des autorités palestiniennes et éventuellement des entrepreneurs palestiniens, considère-t-il. [...] Disons que la visite de M. Couillard à Ramallah [sur le plan du rétablissement de la paix], c’est un tout petit, petit, petit pas dans la bonne direction.»

En conférence de presse à l’Assemblée nationale, mercredi, le député de Québec solidaire, Amir Khadir, qui s’est souvent montré très critique envers Israël, a reconnu que la visite de M. Couillard à Ramallah pourrait s’avérer positive.

«Oui, ça pourrait être un pas dans la bonne direction, si ce n’est pas uniquement centré sur [l’aspect] commercial, a déclaré le député de Mercier. [...] Si tant est que ça s’accompagne d’une intervention justifiée, justifiable, légitime et très, très salutaire en faveur des droits humains du peuple palestinien, en faveur de la reconnaissance des injustices historiques pour renforcer le camp de la paix en Israël.»

Mission économique du premier ministre du Québec

Première historique en Israël et en Cisjordanie

  • 19 au 24 mai 2017
  • 100 participants (entrepreneurs, représentants d’organismes, etc.)

Vendredi: Jérusalem

Samedi: Jérusalem

Dimanche: Ramallah

Lundi: Hadera, Wadi Ara, Haïfa, Herzliya

Mardi et mercredi: Tel-Aviv