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Elle tenait à ce que son conjoint décédé soit le père de Ruby

Une mère a dû dépenser 5000$ pour que sa fille ait les mêmes droits que sa sœur

Audrey Lamarche se porte bien aujourd'hui, même si le deuil se poursuit au jour le jour. Elle est accompagnée de ses filles, Ruby et Mackenzie Mey.
Photo courtoisie, Vicky Neveu Audrey Lamarche se porte bien aujourd'hui, même si le deuil se poursuit au jour le jour. Elle est accompagnée de ses filles, Ruby et Mackenzie Mey.

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VAL-D’OR | Une femme a dû se battre et dépenser des milliers de dollars pour prouver que son conjoint décédé quand elle était enceinte était le père de son bébé.

Audrey Lamarche considère que la loi est trop complexe pour reconnaître la paternité d’un père décédé. Si elle avait été mariée avec son conjoint au moment du décès, la paternité aurait été automatique, mais pas dans le cas d’un conjoint de fait, même si le couple était ensemble depuis quatre ans et avait un autre enfant .

«C’est clairement désuet. Que tu sois marié ou que tu ne sois pas marié, ça ne veut pas dire que tu es plus fidèle ou moins fidèle. Ce n’est pas logique que la loi soit différente», précise Mme Lamarche.

Elle était enceinte de sept semaines lorsque son conjoint, Alexander Mey Dorval, est décédé dans un accident de voiture, en novembre 2015.

Quand la petite Ruby est née, sept mois plus tard, il ne pouvait donc pas signer les papiers et reconnaître sa paternité, ce qui était lourd de conséquences pour Ruby.

«Mackenzie, la plus âgée, se trouvait automatiquement héritière de la succession de son père, tant au niveau de l’indemnité de la SAAQ que de la Régie des rentes. Et sa petite sœur, Ruby, qui n’était pas encore née à l’époque, n’avait pas le même statut que sa grande sœur», explique l’avocate d’Audrey, Josée Rodrigue.

Audrey Lamarche a donc dû faire une preuve d’ADN et passer devant un juge pour que ses deux filles aient légalement le même père et le même nom de famille. Elle déplore le fait que s’ils avaient été mariés, le Directeur de l’état civil aurait reconnu d’emblée Alexander Mey Dorval comme le père de l’enfant.

«C’est pénible de gérer toutes ces choses-là en plus du deuil. Un moment donné, il y en a trop pour une personne, mais on n’a pas le choix», raconte Audrey Lamarche.

Alexander Mey Dorval est décédé en 2015 alors qu’Audrey Lamarche attendait leur deuxième enfant.
Photo courtoisie, Stéphanie Grondin
Alexander Mey Dorval est décédé en 2015 alors qu’Audrey Lamarche attendait leur deuxième enfant.

Son père aussi

Audrey n’était tristement pas étrangère au phénomène, puisque son père est décédé pendant qu’elle était dans le ventre de sa mère, de qui elle est toujours très proche.

Elle croit que sa propre expérience de vie pourra l’aider à préparer ses filles, aujourd’hui âgées de dix mois et de deux ans et demi, à comprendre ce qui s’est passé.

«J’aurais voulu avoir des choses de mon père et je n’en avais pas. Alors j’en ai gardé beaucoup d’Alexander. J’ai fait un coffre pour les filles. Ça ne veut pas dire qu’elles vont avoir les mêmes besoins que moi, mais je me suis imaginé mes besoins à moi et je vais faire ce que je peux pour remplir ça», explique-t-elle.

 

La loi pour reconnaître un père décédé

  • Se base sur la « présomption de paternité ».
  • Reconnue d’emblée quand un couple est marié ou en union civile.
  • Mais n’est pas reconnue d’emblée dans le cadre de conjoints de fait.
  • Les femmes doivent s’adresser à la Cour supérieure pour faire reconnaître la paternité, souvent avec un test d’ADN.
  • La valeur totale des démarches peut atteindre 5000 $, comme dans le cas d'Audrey Lamarche, ou plus.