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Une veillée de prières pour tisser des liens

Chrétiens et musulmans se rassemblent à l’église

Une veillée de prières pour tisser des liens
Photo Jean-François Desgagnés

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Une fois de plus depuis l’attentat de la grande mosquée de Québec, des sourates du Coran ont été prononcées dans une église catholique, vendredi soir, lors d’une veillée de prières chrétiennes et musulmanes organisée pour continuer de tisser des liens.

Sur l’autel de l’Église Saint-Rodrigue, la Bible et le Coran avaient été déposés avec leurs chapelets respectifs. Les fidèles des deux cultes se sont également donné la main en signe de communion, mais aussi pour démontrer que les efforts de rapprochement vont se poursuivre dans les mois à venir.

Près de quatre mois après la tuerie, le prêtre Roger Labbé a pris l’initiative de ce rassemblement, qui a réuni une centaine de personnes.

«J’ai été appuyé par toute une équipe de chrétiens de la paroisse, qui sont allés visiter des musulmans dès la tragédie. On peut prier avec eux. C’est la première fois. On est catholiques, ils sont musulmans, il n’y a pas de problème», a-t-il expliqué.

Pas fier

Le religieux précise qu’il n’est pas fier de voir des Québécois bloquer un projet de cimetière à Saint-Apollinaire. Une minorité ne devrait pas pouvoir obtenir gain de cause au détriment des autres.

«Ils sont dix et ils vont bloquer jusqu’à la fin des temps. De notre côté, on a reçu une lettre non signée de bêtises pour ce projet de soirée de prières. Il faut mettre son poing sur la table et dire non, ce n’est pas ça qui va l’emporter. À côté de moi, c’est mon frère. Quand il est dans la misère, on s’en occupe», ajoute le curé Labbé.

Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, était heureux de cette main tendue.

«Surtout que ça vient de la paroisse. Ça nous fait chaud au coeur de voir que des gens n’ont pas oublié qu’il y a des musulmans qui sont encore dans le chagrin.»

L’automne prochain

Évidemment, les noms des disparus du 29 janvier dernier ont été évoqués : Ibrahima Barry, Mamadou Tanou Barry, Aboubaker Thabti, Abdelkrim Hassane, Azzeddine Soufiane et Khaled Belkacemi. Les familles n’étaient toutefois pas présentes.

La soirée s’est ouverte au son de la chanson Quand les hommes vivront d’amour, de Raymond Lévesque, avant de se conclure par une version instrumentale de Imagine, de John Lennon.

Une autre rencontre entre chrétiens et musulmans aura lieu à la mosquée, l’automne prochain.