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Nouvelle offensive contre les sextos

Le phénomène prend de l’ampleur dans la région de Québec

Des policiers de la région de Québec ont rendu visite aux élèves de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf à l’occasion du lancement de la campagne Ton selfie, ça ne regarde que toi.
Photo Jean-François Desgagnés Des policiers de la région de Québec ont rendu visite aux élèves de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf à l’occasion du lancement de la campagne Ton selfie, ça ne regarde que toi.

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Les corps policiers de la région de Québec s’unissent pour combattre le phénomène du sextage, qui touche un nombre croissant de jeunes dans nos écoles, et lancent un nouvel outil de sensibilisation.

Les élèves de l’école secondaire Jean-de-Brébeuf, dans le quartier Limoilou, ont reçu jeudi la visite d’agents des services de police de Québec et de Lévis et de la SQ à l’occasion du lancement de la campagne Ton selfie, ça ne regarde que toi.

La campagne, qui prend la forme d’une capsule vidéo et d’un concours disponibles à l’adresse tonselfie.ca, met l’accent sur les lourdes conséquences humaines et légales qui peuvent découler de l’échange d’images à caractère sexuel par téléphone.

«Je pense qu’ils [les jeunes] ne sont pas conscients des conséquences concrètes [...], ça peut aller loin», mentionne Florence Couture-Villeneuve, intervenante à la maison des jeunes L’Ouvre-Boîte, dans le quartier Saint-Sauveur, qui a collaboré au projet.

Le sextage peut lourdement affecter la vie des victimes: intimidation à l’école, honte de voir sa photo se promener sur les réseaux sociaux ou encore dépression, énumère Étienne Doyon, du SPVQ.

La production, la distribution et la possession d’images à caractère sexuel de mineurs peuvent mener à de graves accusations. Les conséquences vont jusqu’au placement en centre jeunesse pour les adolescents de plus de 12 ans.

Malgré la gravité de ces infractions, le SPVQ assiste à une recrudescence des plaintes pour sextage: une vingtaine de dossiers en 2016, soit deux fois plus qu’en 2013.

Pas une surprise

Les jeunes rencontrés par Le Journal lors du lancement se sont montrés très sensibles au discours des intervenants. «[Au secondaire], tu découvres ta sexualité, t’es peut-être pas encore prêt à faire l’amour, mais t’as envie d’avoir quelque chose d’intime avec la personne... Rien de mieux qu’une petite photo», expose une étudiante en 5e secondaire.

«C’est encore plus facile» de s’adonner au sextage de nos jours, constate pour sa part un autre élève de 5e secondaire. «Tu penses que ça va faire plaisir à ton chum ou à ta blonde, mais plus tard, ça peut se revirer contre toi», dit-il.