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De Montréal à Québec en kayak

De Montréal à Québec en kayak
Photo courtoisie

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Dans 10 semaines se ­déroulera la troisième édition du Défi Kayak Desgagnés Montréal-Québec. La chroniqueuse que je suis y participera pour la première fois.

Je suis une créature terrestre. Je suis d’abord une coureuse qui aime la simplicité du sport, son absence d’équipement, un pied devant ­l’autre, au rythme que le corps et les jambes supportent. L’eau, je l’observe de loin, j’y nage, en eau libre, mais timidement, en longeant les berges. L’eau, je l’admire comme une bête sauvage que je n’ose pas trop dompter. Le fleuve pour la citadine que je suis qui ne le côtoie pas au quotidien, qui l’oublie, m’inspire le respect. Sa force, son histoire, son rôle.

Moi, toute petite, sur une embarcation en apparence rudimentaire, pendant 250 kilomètres?

Mathieu Fortier, des Jeunes musiciens du monde, m’a invitée à ce défi.

Mathieu Fortier, des Jeunes musiciens du monde, est lui-même un passionné de kayak. Il a offert de partager ses ­connaissances avec notre chroniqueuse.
Photo courtoisie
Mathieu Fortier, des Jeunes musiciens du monde, est lui-même un passionné de kayak. Il a offert de partager ses ­connaissances avec notre chroniqueuse.

Je me suis imaginé bouder la 20 et la 40 pour me rendre à la capitale nationale. Vision grisante, mais aussi terrifiante. J’embarque, c’est sûr.

La naissance d’une kayakiste

Mon expérience en kayak se résume à quelques expéditions plutôt pépères en lac et à trois ou quatre sorties au parc national des Îles-de-Boucherville. J’ai déjà été en forme, courant deux marathons par année, participant à des triathlons à répétition... puis deux jeunes enfants. Le bébé a maintenant 10 mois, et j’arrive à renouer avec mes souliers de course trois ou quatre fois par semaine au cours de sorties, ­toujours trop courtes. En famille, on fait de la randonnée, du camping, du vélo, alouette!

En somme, je suis une banale sportive un peu has-been sans expérience spécifique pertinente. Et Mathieu m’a assuré que j’allais y arriver. Que ça n’allait pas être facile, soit, mais que ça allait être possible. Garder la forme d’ici là, et idéalement l’accroître... et apprendre à pagayer pour la peine, pardi!

Apprendre à pagayer

Mathieu et moi nous rejoignons un jeudi matin gris à Boucherville en compagnie de Rock, expert kayakiste, et d’Émilie, enthousiaste néophyte qui a fait le défi l’année dernière, sans grande préparation. Deux pôles qui se retrouvent et partagent le même plaisir. C’est rassurant.

L’eau du fleuve est à 14 ºC. L’air ambiant, 21 ºC. «Il faut s’habiller en fonction de la température de l’eau et non de l’air», précise Mathieu, avant de me prêter une combinaison qui fera en sorte que je sois à l’aise, même si je dessale (ce qui n’arrivera que sous ­simulation, heureusement!).

Dès mes premiers coups de ­pagaie, on m’apprend que j’ai presque tout faux et que c’est plutôt normal. «Tout le monde sait ­pagayer, mais personne ne sait vraiment pagayer», résume Rock.

C’est qu’on doit solliciter la puissance de son tronc, et non celle plutôt maigre de ses épaules ou de ses bras. La traction se fait en rotation, de midi à 10 h, puis de midi à 14 h, un mouvement technique qu’on doit pratiquer, répéter, pratiquer, répéter, afin qu’il devienne naturel et ­efficient.

Apprivoiser le fleuve

«N’oublie pas ton nombril», «ne monte pas tes bras trop haut», «tes mains sont trop rapprochées», ­«raccourcis ton mouvement»...

À force de penser à tout ça, je ne porte pas trop attention à ma direction. Le vent s’est levé. Des vagues que je considère comme grosses – avant qu’on m’apprenne qu’elles ne faisaient pas deux pieds – bousculent mon embarcation. Le nez de mon ­bateau tend à piquer vers le vent et le courant me tire vers le large.

La créature terrestre que je suis se sent vulnérable. Toute petite, sur ce grand fleuve, je suis soulagée d’être bien accompagnée (comme ce sera le cas dans le Défi). On me conseille simplement de mettre mon gouvernail à l’eau jusqu’aux berges de l’île des Gros-Bois, où on sera protégés du vent afin que je puisse me concentrer sur mon entraînement. Le fleuve m’a parlé: fais tes devoirs.

J’écoute les trois enthousiastes ­jaser kayak à mes côtés, pendant que je pense toujours à mon nombril (midi, 10 h, midi, 14 h). La ville est tout près, visible, mais les préoccupations du quotidien sont loin.

Le 10 août, nous serons des dizaines, des centaines. Je serai une néophyte dans le peloton, heureuse d’être entourée par une équipe de secours et de soutien, mais surtout de pairs kayakistes qui me feront découvrir ce monde de sportifs ­palmés parlant un jargon que je ne comprends qu’en théorie, pour l’instant. Une occasion en or pour vraiment aller à la rencontre de ce fleuve voisin que je ne connais ­réellement que de vue.

On se revoit sur l’eau?

LE DÉFI KAYAK EN CHIFFRES

Du 10 au 13 août 2017

Jour 1

  • Montréal–Sorel Tracy, 60 kilomètres

Jour 2

  • Sorel-Tracy–Trois-Rivières, 65 kilomètres

Jour 3

  • Trois-Rivières–Portneuf, 65 kilomètres

Jour 4

  • Portneuf–Québec, 60 kilomètres
  • Température moyenne de l’eau du fleuve en août: 20 ºC
  • Vitesse de progression moyenne: 8 km/h

Aussi possible:

  • Défi en équipe avec un kayak tandem
  • Demi-défi, la distance quotidienne coupée en deux
  • Collecte de fonds: 2000 $ ou plus