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La peur d’avoir peur (...des food trucks)

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J’adore les food trucks. Plus il y en a, plus je suis heureux, plus ça sent l’été. Cette nouvelle tendance culinaire a envahi le Québec dans les dernières années. Mais il y a beaucoup de résistance ici, sans qu’on ne puisse vraiment expliquer pourquoi.

La mésaventure des derniers jours impliquant le Temaki Mobile en dit long. Le seul food truck du Saguenay devait s’installer à La Baie, aujourd’hui, devant les bureaux de DERYtelecom, pour offrir de la bouffe aux employés. À la dernière minute, la Corporation Centre-Ville de La Baie aurait refusé que l’événement ait lieu.

L’histoire se termine bien. C’est le Bistro Café Summum qui a ouvert son stationnement au Temaki Mobile. Les deux commerces, jeunes et visionnaires, s’unissent donc le temps d’un dîner pour servir bouffe et cocktails non alcoolisés. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour les estomacs des travailleurs et des curieux du coin.

POURQUOI FAIRE SIMPLE...

Malgré la création de règlements et d’encadrement pour les food trucks à Saguenay, c’est encore compliqué et lourd d’opérer un camion de cuisine de rue. Beaucoup de restaurateurs ont peur de perdre de la clientèle. On évoque une économie fragile, un équilibre précaire. La réalité, c’est qu’un food truck est une offre complémentaire en plus d’une belle publicité.

Les gens qui vont aux food trucks le temps d’un dîner ne seraient pas allés s’asseoir dans un resto. Ce n’est pas le même public ni le même besoin. Mais, le moment venu où on a le temps et le goût de passer une soirée au restaurant, ce qu’on aura découvert au food truck local quelques jours avant va aider notre réflexion. En ce sens, la stratégie du Temaki et de son chef, Michael Tremblay, est parfaitement de son temps. Les autres devraient comprendre et suivre son exemple.

Il est dommage de voir des commerçants craintifs et des gens qui comprennent mal la façon moderne de faire du commerce tenter de mettre des bâtons dans les roues de cette nouvelle façon de mettre en valeur nos produits. Il est désolant de voir des jeunes entrepreneurs freinés ou ralentis par de la règlementation désuète.

LONGUE VIE AUX FOOD TRUCKS!

Un food truck, c’est une pub d’appétit. C’est un panneau publicitaire qui se goûte. Qui donne envie d’en avoir plus. Le seul perdant de la présence d’un food truck dans un quartier, c’est le sandwich au baloney, qui risque de rester dans le fond de la boîte à lunch. Les restaurateurs ne devraient pas avoir peur. Ils devraient emboîter le pas au

Temaki.

J’espère que dans quelques années, les food trucks seront nombreux à Saguenay. Qu’ils feront des rassemblements.

J’espère qu’ils seront les bienvenus dans tous les festivals, à coût préférentiel. J’espère qu’on va ouvrir la porte aux food trucks du reste de la province, à plein prix. Pour amener de la variété, du bonheur et une nouvelle expérience gustative aux gens de la région. On le mérite bien, l’été est si court.