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Un psychologue scolaire reconnaît sa «bêtise»

L’homme a tenu des propos sexuellement explicites à un ado sur Facebook

Le psychologue Robert Pelletier a avoué qu’il avait commis l’erreur de tenir des 
propos sexuellement explicites à un adolescent sur Facebook.
Photo Chantal Poirier Le psychologue Robert Pelletier a avoué qu’il avait commis l’erreur de tenir des propos sexuellement explicites à un adolescent sur Facebook.

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Un psychologue scolaire de Sherbrooke qui s’était créé un faux profil sur Facebook a avoué avoir fait l’«énorme bêtise» d’entretenir une conversation à caractère sexuel avec un mineur de 14 ans.

Robert Pelletier a fait face à une accusation d’inconduite sexuelle devant l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) le 15 mai dernier.

Sa comparution fait suite à son inculpation pour leurre informatique, en septembre dernier. Il avait purgé une peine de 60 jours de prison.

«Coup de massue»

«Quand j’ai été arrêté, ça a été un coup de massue», a témoigné M. Pelletier samedi.

L’histoire remonte à juillet 2015. Âgé de 50 ans, le psychologue prétendait n’en avoir que 39 en utilisant un faux profil sur Facebook.

Après qu’il eut entamé une conversation avec un adolescent gai de 14 ans, les propos de M. Pelletier sont vite devenus sexuellement explicites.

«Quand j’ai fait l’énorme bêtise de jaser avec un ado sur Facebook, je n’allais pas bien. [...] J’avais besoin de me faire rassurer dans le choix de mon orientation sexuelle», a dit le psychologue.

«C’est une infraction très grave qui touche des enfants, a souligné le syndic de l’OPQ, Robert Vachon. M. Pelletier travaille dans un contexte scolaire. [...] Ça constituait un facteur de risque important pour la population.»

Lors de son témoignage, M. Pelletier a expliqué avoir fait son coming out et quitté sa femme en 2008. Bien qu’il soit marié depuis 2010 avec un homme, il ressentait en 2015 le besoin de se faire confirmer qu’il était «séduisant».

Valeur d’être gai

«J’avais besoin d’attirer le regard. C’était une période où j’ai eu plusieurs contacts virtuels sur internet avec des hommes, pour [...] confirmer que le fait d’être gai pouvait me donner de la valeur et non pas m’en enlever», a-t-il dit.

Malgré tout, M. Pelletier a dit regretter ce geste auprès d’un adolescent.

«Je n’aurais jamais dû sexualiser ça. [...] J’ai merdé», a-t-il dit, assurant qu’il s’agissait d’un «geste isolé».

Au total, la relation a duré deux semaines, et M. Pelletier assure n’avoir jamais rencontré le jeune homme.

C’est la mère du garçon qui a porté plainte à la police.

Limité aux adultes ?

Psychologue depuis 18 ans, M. Pelletier ne s’est pas réinscrit à l’OPQ depuis un an et travaille comme conseiller en intervention auprès d’itinérants.

Or, l’homme dit vouloir se réinscrire «le plus rapidement possible» à l’Ordre et souhaite travailler auprès d’une clientèle adulte et familiale.

Le syndic a recommandé une radiation d’un an, et que l’ex-psychologue ne puisse pas travailler avec des mineurs durant 10 ans. M. Pelletier n’a pas suggéré de sanction, mais a qualifié la proposition du syndic de «sévère».

Le Conseil de discipline a mis la cause en délibéré et doit déterminer si l’infraction criminelle de M. Pelletier est liée à sa profession. L’homme est aussi inscrit au registre des délinquants sexuels.