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La Caisse doit exiger un minimum de contenu local

Des PME veulent des contrats reliés au futur train urbain de Montréal

Normand Morin de Chabot Carrosserie inc. à Montmagny, Martin Grenier de LG Cloutier à L’Islet, Guy Gilbert d’Ampère Proto à La Pocatière et Patrick Clavet d’Usimet à Montmagny s’inquiètent de l’abaissement des exigences de contenu canadien dans les appels d’offres en transport de matériel roulant.
Photo Stéphanie Gendron Normand Morin de Chabot Carrosserie inc. à Montmagny, Martin Grenier de LG Cloutier à L’Islet, Guy Gilbert d’Ampère Proto à La Pocatière et Patrick Clavet d’Usimet à Montmagny s’inquiètent de l’abaissement des exigences de contenu canadien dans les appels d’offres en transport de matériel roulant.

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LA POCATIÈRE | Si la Caisse de dépôt et placement du Québec n’exige pas un minimum de contenu canadien dans les appels d’offres du Réseau électrique métropolitain (REM), des centaines d’emplois dans des entreprises de Montmagny, L’Islet et Kamouraska sont menacés.

Étouffées par le Buy America Act et disant ne pas pouvoir lutter à armes égales contre les Chinois, les entreprises manufacturières en transport de matériel roulant (trains de banlieue, métro, etc.) exigent que soit au moins conservé un minimum de contenu local. Aucun contenu canadien n’est prévu pour le REM et dernièrement l’Agence métropolitaine de transport a abaissé son contenu canadien à 15 % plutôt que 25 %, ce qui a permis à une entreprise chinoise d’obtenir un contrat de voitures de trains de banlieue.

« On va fabriquer à l’extérieur »

«C’est comme une course de 100 mètres. Aux États-Unis, je n’ai pas le droit de courir et en Chine, je pars 50 mètres en arrière», résume Paul Cartier, de Technologie Lanka à La Pocatière, qui représente l’usine canadienne d’une multinationale allemande.

Paul Cartier, de Technologie Lanka à La Pocatière
Photo Stéphanie Gendron
Paul Cartier, de Technologie Lanka à La Pocatière

 

«Le message qu’on nous envoie présentement, c’est de dire “vous n’avez pas besoin d’usine au Canada”», ajoute M. Cartier. «Sans protection au Canada, on va fabriquer à l’extérieur.»

Environ 1000 emplois dans cette région dépendent du transport de matériel roulant.

«Chez nous, sans le transport avec Alstom, Bombardier ou Axion Technologie, c’est 50 emplois, la moitié, qui disparaissent, c’est évident», affirme Martin Grenier de LG Cloutier à L’Islet, une entreprise de conception, design ainsi que de découpe et pliage de pièces métalliques.

Bruno Morin, de Graphie 222 à La Pocatière
Photo Stéphanie Gendron
Bruno Morin, de Graphie 222 à La Pocatière

 

«Pourquoi c’est la Caisse de dépôt qui décide des retombées du REM au pays?», se demande Bruno Morin, de Graphie 222, pour qui le secteur ferroviaire représente 80 % de son chiffre d’affaires.

« Pas juste bombardier ­­­»

Il ajoute que la concurrence chinoise est déloyale et qu’aux États-Unis, les entreprises sont protégées par un contenu américain de 60 %, bientôt 70 %. Le contenu canadien en Ontario est de 25 %.

La région, avec l’usine Bombardier à proximité, a développé une expertise et s’inquiète de la suite.

«Ce que l’on vient dire, c’est qu’il n’y a pas juste Bombardier non plus. C’est nous aussi le contenu canadien», dit M. Morin.

Questionné à ce sujet récemment, le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré qu’il ne dirait pas à la Caisse de dépôt quoi faire.