/news/politics
Navigation

Les ingénieurs interrompent leur grève

Les ingénieurs de l’État ont décidé d’interrompre leur grève entamée il y a trois semaines.
Photo d'archives Stevens LeBlanc Les ingénieurs de l’État ont décidé d’interrompre leur grève entamée il y a trois semaines.

Coup d'oeil sur cet article

Menacés du dépôt d’une loi spéciale d’ici la fin de la semaine, les ingénieurs de l’État ont décidé d’interrompre leur grève entamée il y a trois semaines.

Ils seront de retour au travail dès mercredi matin, a confirmé le président l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), Marc-André Martin.

Le syndicat souhaite consulter ses membres une dernière fois avant le dépôt d’une loi spéciale attendue d’ici la fin de la session parlementaire, vendredi.

«On retourne discuter avec nos membres. [...] On prend un pas de recul, on regarde ça, puis on va les faire voter sur ce qui est offert sur la table», a expliqué M. Martin.

S’il s’agit d’une stratégie empruntée par le syndicat pour gagner du temps, cela ne changera strictement rien au plan de match du gouvernement, a prévenu mardi après-midi le ministre responsable de l’Administration gouvernementale, Pierre Moreau.

«Est-ce que s’ils suspendent la grève, ça va faire quoi que ce soit? La réponse pour moi, ce n’est pas la suspension de la grève, c’est la reprise des négociations, a dit M. Moreau. Et c’est là qu’est la clef. Si on n’a pas d’entente, le gouvernement va prendre ses responsabilités.»

Le temps file

Advenant une reprise sérieuse des négociations, le gouvernement Couillard pourrait reporter le dépôt de sa loi spéciale à lundi prochain, en guise de dernière chance pour en arriver à une entente.

«Il n’y a pas d’ultimatum, moi ce que je dis, c’est allez négocier», avait déclaré un peu plus tôt le ministre Moreau.

«Le temps file», a signalé pour sa part le premier ministre Philippe Couillard aux ingénieurs du gouvernement.

«Ils ont encore du temps, mais du temps limité pour négocier», a prévenu M. Couillard à son arrivée au caucus libéral, mardi.

«C’est l’intérêt général du Québec (qui est en cause). Moi je les enjoins de négocier, a insisté le premier ministre, et s’il faut agir, on agira.»

M. Couillard s’en fait notamment pour l’impact économique de la grève des 1400 ingénieurs de l’État qui perdurait depuis trois semaines. Les pertes financières associées à la paralysie des 250 chantiers privés de l’expertise des ingénieurs du gouvernement dépasseraient maintenant les 230 M$.

Impatience

Au ministère des Transports, le plus gros donneur d’ouvrage de l’État, on ignore encore à combien pourraient se chiffrer les pertes.

«Nécessairement, il y des impacts sur les chantiers», a reconnu le ministre des Transports, Laurent Lessard, qui confirme que certains travaux ont dû être reportés.

«La patience du gouvernement arrive à sa fin, a déclaré le ministre Lessard. [...] La patience a atteint sa limite (sic).»

Après sept propositions gouvernementales et une cinquantaine de rencontres de travail, dont une avec un médiateur, M. Moreau considère que le gouvernement a démontré sa volonté de négocier.

Il presse donc l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) à faire de même.

Couillard comparé à Harper

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, croit que l’intervention d’un arbitre – une demande syndicale rejetée lundi par M. Moreau –  aurait permis d’éviter la loi spéciale.

«Ces lois spéciales à répétition, ça me fait penser au gouvernement Harper qui avait essentiellement décidé que ça n'existait plus, le droit de grève, que dès qu'il y avait une possibilité de grève, il y avait une loi spéciale», a déploré M. Lisée.

«Menacer d'une loi spéciale égale appauvrir le rapport de forces employeur-employé», a dénoncé à son tour la porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé.