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Une femme de caractère

Directrice sportive de Gatineau Lowestrates, Lyne Bessette se sent à sa place

Tour de Beauce
photo courtoisie, tour de beauce Principales têtes d’affiche, Rob Britton, Robin Carpenter, Bruno Langlois et Ryan Roth entourent Lyne Bessette.

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Lyne Bessette a fait son entrée dans un monde d’hommes la semaine dernière au Grand Prix cycliste de Saguenay, mais elle n’a pas l’intention de s’en laisser imposer.

À sa première présence comme directrice sportive de la formation de Gatineau Lowestrates, l’Olympienne des Jeux de Sydney en 2000 et d’Athènes en 2004 s’est sentie à sa place. «J’ai un caractère de cochon et je ne me laisse pas marcher sur les pieds, a raconté Bessette. J’ai toujours été respectée dans le peloton et plusieurs me connaissent. Pavel Cherkasov [directeur sportif de Team Novo Nordisk] était présent lors de mon premier rendez-vous avec mon mari [le coureur de cyclo-cross américain Timothy Johnson] en 2001 lors du Tour de la Californie.»

Appréhensions

À ses premiers pas comme directrice sportive, Bessette avait néanmoins quelques appréhensions. «C’est toujours un peu stressant, a reconnu la médaille d’or sur route des Jeux du Commonwealth en 1998 en Malaisie. Avant d’accepter la proposition de Fred [le directeur général Frédérick Gates], j’ai appelé Josée Robitaille [ancienne directrice sportive]. Au Saguenay, je conduisais dans une caravane pour la première fois et Gord Fraser [Silber Pro Cycling] m’a donné des conseils. Nous avons participé aux Jeux olympiques ensemble. Ça s’est super bien passé à Saguenay.»

Bessette a-t-elle attrapé la piqûre du coaching? «Je ne ferais pas ce travail à temps plein, a-t-elle assuré. Ça me rappellerait trop l’époque où je courais et que je ne voyais jamais mon mari parce que j’étais toujours sur la route. Je travaille à temps partiel et ça me convient. J’accompagne Tim sur la route lors de ses engagements, mais son horaire me permettait d’être présente au Saguenay et en Beauce.»

Petite équipe

À la retraite depuis 2012 après sa victoire aux Jeux paralympiques de Londres en tandem en compagnie de Robbi Weldon (une coureuse aveugle), Bessette est toujours dans une excellente forme.

«Je sors courir à 5 h 30 quand tout le monde dort, a-t-elle souligné. Je me prépare pour un triathlon extrême le 9 juillet où on devra parcourir les mêmes distances qu’un Ironman. La course me convient davantage.»

Les coureurs de Lowestrates ne seront pas à l’avant-plan du Tour de Beauce. «Nous sommes une petite équipe et on se fixe de petits objectifs au jour le jour, a-t-elle souligné. Brett [Wachtendorf] est un bon grimpeur et il aurait fait un top 5 lors de la dernière étape au Saguenay, n’eût été un accrochage.»

«Ça ferait plus beau 20»

- Bruno Langlois

À sa 19e participation au Tour de Beauce, Bruno Langlois en est-il à sa dernière présence sur les routes beauceronnes?

La 32e édition du Tour de Beauce prendra son envol, ce matin, avec la présence de 15 formations, dont Holowesko/Citadel, Rally Cycling et United Healthcare qui occupent les trois premiers échelons au classement de l’America Tour.

«C’est poche le chiffre 19, ça ferait plus beau 20, a illustré le capitaine de la formation Garneau-Québecor. On verra après la saison, mais je me sens en forme. Je voulais porter le maillot de champion canadien sur route avec panache et je me suis entraîné en conséquence pour ne pas mal paraître.»

Vainqueur d’une seule étape en Beauce, soit la dernière en 2012, le coureur de 38 ans ne se berce pas d’illusions pour le classement général, mais il caresse l’espoir de répéter son exploit ou de monter sur le podium. «Il y a de plus gros clients qu’au Saguenay et le calibre ne sera pas le même, mais j’ai les jambes pour serrer la vis, a-t-il imagé. Je vais aborder chaque étape comme une course d’un jour et je vise une victoire d’étape. Je veux être agressif et montrer mon maillot de champion canadien à l’avant du peloton.»

Objet de fierté

Objet de fierté, le maillot de champion canadien comporte aussi un inconvénient. «C’est comme si j’avais une pancarte dans le dos et on ne me laissera pas partir dans l’échappée sans réagir. À Saguenay, je ne portais pas mon maillot lors d’un critérium et j’ai pu glisser dans une échappée. Les coureurs ont eu besoin de cinq ou six tours avant de réaliser que c’était moi.»

La première étape de 185 kilomètres, incluant huit boucles de 15 kilomètres à Saint-Odilon qui a accueilli la course sur route des championnats canadiens en 2014 et 2015, se veut un terrain de jeu intéressant pour Langlois.«C’est un bon parcours pour moi, mais la fin est un peu plus compliquée. Je devrai gagner seul parce que je n’ai pas de sprint. La dernière étape à Saint-Georges, le dimanche, est un parcours qui me convient avec ses montées, ses relances et son côté technique.»