/misc
Navigation

Bar ouvert éthique

Le commissaire à l’éthique, Jacques Saint-Laurent, n’a pas émis de blâme en six ans et demi de mandat.
Photo d'Archives Le commissaire à l’éthique, Jacques Saint-Laurent, n’a pas émis de blâme en six ans et demi de mandat.

Coup d'oeil sur cet article

La cerise est déposée sur le sundae.

Non seulement le commissaire à l’éthique, Jacques Saint-Laurent, n’a pas émis le moindre blâme en six ans et demi de mandat, mais en plus, il part sans s’expliquer. Sans rendre de comptes.

Adoptée en 2010 après plusieurs scandales, la loi créant le code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée nationale ainsi que le poste de commissaire promettait pourtant une révolution.

Le texte de loi permet au «chien de garde», lorsqu’il conclut à un manquement aux règles, d’imposer une pénalité, même une suspension de salaire à l’élu fautif.

Mais malgré les cas évidents de conflit d’intérêts qui lui ont été soumis, Jacques St-Laurent n’a jamais asséné la moindre parcelle de réprimande.

C’est devenu exaspérant.

JE-M’EN-FOUTISME

Récemment, nous avons constaté un navrant je-m’en-foutisme à l’égard de simples règles de gros bon sens.

Ainsi, le ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Jean D’amour, ne ressent aucun inconfort à ce que son attachée politique dans son bureau de comté soit aussi mairesse de Saint-Alexandre-de-Kamouraska.

Son ministère a versé une subvention de 192 000$ à la municipalité. Les deux joyeux partenaires se sont même réjouis de la bonne nouvelle dans un communiqué de presse.

Jean D’amour a attendu que la situation soit révélée par le Journal avant de demander un avis du bienheureux commissaire à l’éthique.

Jacques St-Laurent n’a alors formulé qu’un conseil : faire preuve de prudence.

Selon celui qui devait être la police des élus de l’Assemblée nationale, le ministre n’a qu’à créer une «frontière» entre lui et son employée lorsqu’il est question des dossiers de cette municipalité.

PAS DE CONSÉQUENCES

Malheureusement, le «chien de garde» n’a agi qu’en mascotte joviale sur les lignes de côté, depuis le début.

Si les patrouilleurs de la Sûreté du Québec ne donnaient qu’une amicale tape dans le dos aux automobilistes qu’ils interceptent, plusieurs rouleraient soudainement à 130 km/h !

Le respect du code vient avec la crainte de coercition.

Dans le cas des élus, ils sont morts de rire.

Non seulement ils ne risquaient rien avec Jacques Saint-Laurent, mais ils paraissaient même plus «clean» une fois «blanchis» par le commissaire.

Il est le premier à avoir occupé la fonction. Ce sont ses décisions qui feront acte de jurisprudence.

On peut comprendre que la tâche était lourde et délicate.

Mais, son mièvre passage a semé la déception.

Le commissaire au lobbyisme, François Casgrain a rencontré les journalistes pour faire le point sur son mandat, avant de se retirer.

Me Saint-Laurent, lui, est déjà à la retraite depuis le 29 mai.

Il termine à titre ad hoc des enquêtes, dont les rapports seraient déposés l’automne prochain, et a refusé nos demandes d’entrevue.

Souhaitons qu’un jour il acceptera de détailler les écueils auxquels il a fait face et d’expliquer sa grande réserve...