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Un diplôme, c'est payant!

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J’adore Mitch Garber.  C’est un homme d’affaires qui témoigne d’une grande conscience sociale, qui pense aussi à l’humain et non pas qu’à l’argent. Son implication et ses oeuvres philanthropiques le prouvent. De plus, il est attaché à la culture québécoise et il est capable de le démontrer tout en étant un homme d’affaires aux multiples succès.  Tout cela l’honore et me réconcilie avec une chose : que l’argent sert aussi à améliorer la société et non pas qu’à engraisser le porte-feuille des plus nantis. 

Donc, M.Garber a souvent de très bonnes idées.  Mais pas toujours.  Parfois, il propose de fausses bonnes idées.  Par exemple, celle de verser 1000$ à chaque diplômé des écoles publiques secondaires.  L’intention n’est pas mauvaise en soi.  Derrière cette idée, on sent  la volonté de motiver le décrocheur potentiel à demeurer à l’école.  Sauf qu’encore une fois, on s’attaque au problème du mauvais angle.  Il ne faut pas attendre que le mal soit fait. 

Avant toute chose, il faut des investissements massifs dès le primaire, cet âge fragile où presque tout se joue, où tout sera déterminant pour le futur de l’élève.  Chaque dollar doit être au service de l’élève tout au long de son parcours scolaire et non pas à la toute fin comme un cadeau tombé du ciel. 
Un diplôme donne accès à de meilleures conditions de vie, à de meilleurs salaires.  Il ne doit pas se réduire à un simple montant d’argent.  La valeur du diplôme, c’est précisément qu’il n’en a pas. Du moins pas dans un sens financier.  Il ne s’achète pas et il ne peut être échangé contre une valeur monétaire.  Pour l’obtenir, ce sont les efforts que l’élève fournit qui vont lui permettre d’y accéder.  Nous devons nous tenir loin de ce mirage, ce pouvoir d’attraction que représente l’argent.  L’école, ce n’est pas la Bourse.  On ne transige pas de l’argent contre du savoir (je ne parle pas de frais de scolarité, car il s’agit d’une tout autre question).  Ce sont deux réalités qui ne doivent pas se rencontrer l’une l’autre. 

Et ce n’est pas une question de budget gouvernemental.  Vous savez, cette vieille chose poussiéreuse qu’on appelle un principe.  Verser 5$ à chaque élève serait tout aussi incorrect. Bien sûr, il faut aider les élèves à réussir.  Et c’est en les accompagnant mieux dans leur réussite que le taux de diplomation augmentera.  Partir de la base au lieu de tenter de réparer les pots cassés en achetant une nouvelle colle miracle, c’est ce qui est souhaitable.  Quel message envoie-t-on aux jeunes?  Que dans la vie, effort égale argent?  Obtenir un diplôme d’études secondaires ne se marchande pas.  Évitons de monnayer tout type d’effort.  Exemple. Dès aujourd’hui, les élèves qui arriveront à l’heure à leurs cours se mériteront 20$.  Aucun sens, non? Pourquoi? Parce que la ponctualité est une valeur, un respect de l’autre.  Même chose pour l’obtention d’un diplôme.  M. Garber a eu cette idée, car il est dans une logique comptable des choses. Comme un bonus quand un employé atteint ses objectifs dans une compagnie.  Parfois, cette logique fonctionne.  Parfois, elle ne s’arrime pas avec le réel. 

En terminant, M. Garber a mis sur pied la bourse Anne-Marie Boucher (son épouse), qui s’élève à 50 000$ et qui sera remise à neuf élèves de l’école Mont-de-Lasalle de Laval.  Ces jeunes seront choisis selon les progrès réalisés pendant l’année.  C’est une action admirable qu’il faut absolument saluer.  M.Garber a aussi, souvent, de bonnes idées.