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Un mystérieux sondage cible les journalistes

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Un sondage soulève des questions chez les journalistes de la région, alors que plus d’une vingtaine de membres des médias ont reçu un appel robotisé leur demandant leurs intentions de vote aux prochaines élections municipales.

On s’explique mal les raisons pour lesquelles les membres des médias ont reçu un appel de la firme Segma Recherche au sujet de la campagne municipale à Saguenay, qui aura lieu en novembre prochain.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre au sujet de ce sondage tenu les 13 et 14 juin derniers, les journalistes, animateurs et techniciens des médias de la région ont presque tous été contactés sur leur téléphone cellulaire professionnel par Segma, ce qui est inhabituel.

ÉCHANTILLON IRRÉGULIER

Bien que nous ne connaissions ni le client ni les motifs derrière ce sondage, Raynald Harvey, le président de Segma, s’est défendu en entrevue avec TVA nouvelles d’avoir ciblé les journalistes.

Plus d’une vingtaine de journalistes ont été appelés par la firme Segma Recherche pour connaître leurs intentions de vote aux prochaines élections municipales.
Photo capture d’écran
Plus d’une vingtaine de journalistes ont été appelés par la firme Segma Recherche pour connaître leurs intentions de vote aux prochaines élections municipales.

Lors d’un sondage avec une méthodologie probabiliste, l’échantillon de personnes sondées est tiré au hasard. Il est donc anormal, voire impossible, qu’autant de membres des médias soient appelés en si peu de temps.

LES PARTIS PAS IMPLIQUÉS

Tant l’Équipe du renouveau démocratique que le Parti des citoyens de Saguenay ont affirmé ne pas avoir commandité ce sondage et s’en sont distancés.

Le candidat à la mairie Jean-Pierre Blackburn aurait bien aimé en connaître les résultats pour savoir où il se situe présentement dans la course à la mairie, mais il doute fortement qu’on apprenne un jour qui en est à l’origine.

LA FPJQ SURPRISE

Pour le président régional de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Michel Gaudreau, ce sondage soulève de sérieuses questions, en cette ère où la commission Chamberland examine des cas de surveillance abusive de journalistes.

«J’ai été surpris de voir qu’un sondage cible les membres des médias. Les journalistes n’ont pas l’habitude de donner leurs opinions et ne répondent pas aux sondages», affirme-t-il, en se demandant comment les données recueillies seront utilisées.

Michel Gaudreau aimerait que la firme Segma Recherche s’explique publiquement sur cette affaire et dise qui a commandé le sondage.