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Un ex-champion de course se tue dans une collision

Samuel Poulin, 39 ans, en compagnie de son amie Caroline Champig
Photo courtoisie Samuel Poulin en compagnie de son amie Caroline Champigny.

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La malchance continue de s’abattre sur le monde de la course automobile au Québec. Près de trois semaines après la mort d’un pilote en piste, un ex-coureur est décédé vendredi des suites d’un accident survenu en matinée à Granby, sur la route 139.

Samuel Poulin, qui allait fêter ses 40 ans le 30 juin, a succombé à ses blessures après une violente collision contre l’arrière d’un camion semi-remorque. Ses proches tentent toujours de comprendre les circonstances de l’accident.

La voiture conduite par Samuel Poulin a embouti un poids-lourd.
Photo courtoisie, Jean-François Desbiens
La voiture conduite par Samuel Poulin a embouti un poids-lourd.

«La famille est en plein questionnement présentement, témoigne son frère cadet Mathieu. On se demande comment ça a pu arriver. Est-ce que c’est la fatigue? Il ne dormait pas beaucoup et faisait beaucoup d’heures. [...] On va tous se réunir pour passer à travers cette épreuve.»

L’ex-coureur a été champion de l’Autodrome Granby dans la catégorie 6-cylindres en 2006. Cette année-là, il avait remporté 17 courses d’affilée, finales et qualifications comprises. Il a par la suite accroché son casque pour se consacrer à une autre passion: le graphisme et le design voiture, raconte son frère.

De cette façon, il est rapidement devenu un visage connu et apprécié de tous dans le milieu. Il avait plusieurs coureurs comme clients.

«Samuel, c’était mon éternel ado, comme je m’amusais à le dire. Il était perfectionniste, ce qu’il faisait était très beau. C’était un bon vivant, tellement gentil et souriant», indique son ancienne patronne, Josée Poisson.

« Pas eu facile »

Mais plus que tout, il souhaitait pouvoir vivre de sa musique, poursuit son frère, alors que Samuel Poulin est aussi connu comme DJ sous le nom de Sam Rockwell.

«Il ne l’a pas eu facile dans les dernières années. Son rêve, c’était vraiment de percer. Il disait qu’il était sur Terre pour ça. Il faisait beaucoup de concerts et de morceaux pour les clubs, notamment à Montréal, mais il n’arrivait pas à vivre de ça», explique Mathieu Poulin, ajoutant qu’il travaillait sur de nombreux projets musicaux.

Décrit comme un oiseau de nuit, Samuel Poulin avait un très large cercle d’ami et était connu pour être un «gars de party», soulignent ses proches. Depuis l’annonce de son décès par sa famille, une pluie d’hommages s’est abattue sur sa page Facebook.

La mort de Samuel Poulin survient pratiquement trois semaines jour pour jour après le décès du pilote Guy Ouellette, qui avait perdu la vie fin mai dans un violent accident sur la piste de l’Autodrome de Drummondville.

Un hommage

«C’est encore le monde des courses qui est touché par un drame. En parlant avec des gens, tout le monde se demandait si ça allait finir par nous lâcher un peu ... Ce sont deux bonnes personnes qui nous ont quittés», laisse tomber Dominic Lussier, promoteur de l’Autodrome Granby.

Il affirme qu’un hommage sera rendu à Samuel Poulin lors du prochain programme, vendredi.

«On avait été élevé aux courses. Pour nous, c’est une histoire de famille. Mon père a couru, mon frère l’a fait aussi. C’est certain que ça touche la famille des courses aussi. Il était bien apprécié là-bas. Mon frère, c’était un amour, j’ai tellement de bons souvenirs avec lui. Il avait tendance à s’oublier», souligne Mathieu Poulin.

«Sam, il vivait à 100 miles à l’heure. Rien ne l’arrêtait et il était toujours là pour les autres. [...] D’ailleurs, le drame impliquant Guy Ouellette l’avait bien touché, on s’en était parlé il y a deux semaines. Il ne manquait pas une seule soirée de course à Granby», affirme sa bonne amie Caroline Champigny.