/news/society
Navigation

Il rêvait d’être clown humanitaire à temps plein

Avec des dons, il voyage pour faire rire les enfants

Guillaume Vermette
photo Chantal poirier, le Journal de Montréal Guillaume Vermette voyage dans les camps de réfugiés, les hôpitaux et les orphelinats du monde entier afin de faire rire les enfants.

Coup d'oeil sur cet article

Un jeune propriétaire d’une entreprise de cirque a tout vendu l’an dernier afin de devenir clown humanitaire à temps complet dans les hôpitaux, les orphelinats et les camps de réfugiés de la planète.

Ce rêve est né il y a 11 ans, raconte Guillaume Vermette, 29 ans, en entrevue au Journal lors d’un bref passage à Montréal.

«J’offre des moments d’enfance normaux, en toute sécurité et en toute simplicité, à travers le chaos et la violence», illustre-t-il. Ce n’est qu’il y a près de deux ans que Guillaume a osé abandonner son confort et sa stabilité pour vivre de sa passion.

«Je suis maintenant bénévole à temps complet. J’ai vendu ma compagnie et je fais le tour de la planète à essayer de faire une différence positive avec ce que j’ai à offrir, soit de l’intervention, de la psychologie, du clown, du cirque», affirme le clown humanitaire, indiquant vivre exclusivement de dons.

«Ça me coûte moins de 10 000 $. Ça inclut ma vie au complet, mes projets humanitaires. Je dépense le minimum. Je vis dans un sac à dos. J’ai de l’aide d’organismes qui vont souvent m’offrir l’hébergement et la bouffe sur place, même les billets d’avion.»

Long processus

Il y a 10 ans, Guillaume étudiait en psychologie et, en parallèle, il apprenait le métier de clown. C’est à cette époque qu’il a eu «le flash» de devenir clown humanitaire.

Il doutait cependant de la viabilité d’un tel projet. «Je ne pensais pas que c’était possible. Je m’attendais à être psychologue et, sur le côté, faire des projets humanitaires, explique-t-il. J’ai donc fondé ma compagnie de cirque.»

Néanmoins, il avait décidé de faire quelques voyages humanitaires chaque année. «Au début, je faisais trois voyages humanitaires par année, qui me coûtaient entre 10 000 $ et 15 000 $ de ma poche, du salaire de mon entreprise», souligne Guillaume.

Il gagnait très bien sa vie. Il avait des employés dans son bureau et une équipe de 30 artistes pour ses spectacles partout au Canada et dans le monde.

Reste que son désir d’exercer un métier dans lequel il pourrait faire une différence sur la planète et aider les autres restait brûlant.

Maison ?

Guillaume remet parfois les pieds au Québec. A-t-il un port d’attache? «Je me pose la question souvent, rigole le voyageur. À mon avis, ma maison, ce n’est pas un lieu, ce sont des gens. Des amis, de la famille. Et j’ai de la famille et des amis partout dans le monde, dit-il. Les adieux, c’est le côté difficile de ce que je fais. C’est beaucoup d’émotions.»

Sa paie, dit-il, ce sont les sourires des enfants, les moments magiques avec de jeunes handicapés, un père qui pleure après avoir vu sa fillette rire pour la première fois depuis des mois. «C’est très touchant», mentionne le clown.