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Des victoires pour Ward et Alvarez

L’espoir d’un combat entre Adonis Stevenson et Sergey Kovalev s’est envolé 
lorsqu’Andre Ward (photo) a une fois de plus battu le puissant Russe.
Photo AFP L’espoir d’un combat entre Adonis Stevenson et Sergey Kovalev s’est envolé lorsqu’Andre Ward (photo) a une fois de plus battu le puissant Russe.

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Une soirée de boxe magnifique. Un brin surréelle après la victoire de Simon Kean par knock-out au cinquième round quand les cris de joie de la bande de Simon célébrant dans le ring s’entremêlaient aux coups terrifiants d’Andre Ward contre Sergey Kovalev sur les écrans géants de l’Olympia.

C’était impossible de tout suivre et de tout vivre en même temps. Surtout que des gros bras de gyms rivaux voulaient rouler des biceps avant de quitter la salle.

Pourtant, tous les drames se jouaient devant nos yeux. Simon Kean, Yves Ulysse jr et Steven Butler venaient de mériter leur passeport pour d’autres combats toujours plus difficiles et plus importants...

Pendant qu’Eleider Alvarez, les yeux illuminés par l’émotion, voyait s’écrouler l’ultime obstacle qui le séparait d’un combat de championnat contre Adonis Stevenson.

ON ENCLENCHE POUR STEVENSON-ALVAREZ

Pendant que Camille Estephan flottait sur des nuages avec ses protégés, Yvon Michel, qui avait regardé le combat Ward-Kovalev dans le salon de Gerry Frappier, le président de Bell au Québec, avait un serrement de cœur. L’espoir d’un très lucratif combat d’unification entre Kovalev et Stevenson venait de s’envoler sous les coups de masse au corps assénés par Ward.

Mais en même temps, cette défaite ouvrait grand les portes à Eleider Alvarez. Comme Yvon Michel et GYM ont une entente avec Gestev, la branche de promotions d’événements de Québecor, on va enclencher la grosse machine dès demain.

Probable qu’on va même inviter Alvarez à aménager à Québec pour l’été, question de l’inviter aux spectacles et aux tapis rouges pour continuer à bâtir sa notoriété. On pense même à un documentaire pour mieux cerner le personnage, comme on a fait avec Simon Kean. On est conscient que c’est le grand Columbien qui va vendre les tickets, pas nécessairement le champion.

LA CHALEUR DE LA RUE

Pendant qu’on s’engueulait dans des recoins de l’Olympia, les policiers s’installaient devant la bâtisse. Ils ont donné un coup de main à la sécurité mais ont surtout agi comme une présence rassurante.

En fait, faisait bon sur la Catherine. La chaleur s’abattait sur Montréal et les amateurs encore excités par leur soirée s’éparpillaient dans les bars et restos voisins.

J’avais vu en direct la fin du combat entre Kovalev et Ward. Ce n’est que rendu à la maison que j’ai pu revoir ce huitième round controversé. Ça m’a rappelé le célébrissime combat de Muhammad Ali contre George Foreman au Zaire. Quand Foreman s’était épuisé à cogner sur Ali et que le Plus Grand l’avait démoli au huitième.

Kovalev a été l’agresseur dans les sept premiers rounds. Il a beaucoup trop ouvert la machine pour des résultats mineurs. Ward est tellement intelligent et habile dans le ring qu’il a laissé passer les tempêtes en glissant sous les coups et en picossant Kovalev de droites et de gauches au corps.

La vérité, c’est que Sergey Kovalev était vidé, gelé debout pendant toute la dernière minute de la bataille. Il était fini avant la dernière attaque de Ward. Et le dernier coup a touché la ceinture. Il m’a semblé légal puisque les règlements sont formels. Un coup bas, c’est dessous la ceinture.

C’est tout le corps de Kovalev qui a lâché. Il reste un guerrier avec un mental de bagarreur. Mais le corps a ses lois et ses décisions qu’on ne peut contredire.

Comme Andre Ward n’a jamais parlé d’Adonis Stevenson dans ses projets, ce n’est donc pas à Montréal qu’on va le suivre. La voie est ouverte pour Eleider Alvarez et Artur Beterbiev.

KEAN ET BUTLER

À l’Olympia, le grand gagnant aura été Simon Kean. Les gens qui découvrent ce gentil géant qui a fini par se trouver dans la vie, l’adorent.

Il est drôle, il est généreux, il reste après les combats pour discuter avec les fans et poser pour des selfies. Il a fait des heureux pendant presque une heure après sa victoire.

Confronté à un rare adversaire plus grand que ses 6 pieds et 5 pouces, il n’a jamais placé parfaitement son très bon jab.

Et il a paru tendu pendant les deux premiers rounds. Mais tout est là, c’est évident. Il doit boxer et travailler encore mieux dans le gym.

Le reste, ça s’appelle un clin d’œil de Dieu.

Quant à Steven Butler, il doit se rappeler que la jeunesse est une maladie que seul le temps guérit un jour à la fois. Samedi, il a grandi et montré qu’il avait tiré les leçons de sa première défaite. Il va être beau à voir aller.

DANS LE CALEPIN – Sur ce, on va se retrouver dans quelques semaines. Ne vous inquiétez surtout pas, je vais être sur un bike quelque part en Amérique avec Lady Ju. Nashville, Memphis, Key West, Miami, Falardeau, Thetford Mines, la Sasacomie sont au programme. Le reste, on verra...