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Podium des partis politiques

Podium des partis politiques

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À la fin de chaque session parlementaire, je remets mes fleurs aux différentes formations politiques et aux élus. Débutons par les 4 partis présents à l’Assemblée nationale.

Fleur d’or : Coalition avenir Québec

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Photo Simon Clark

La CAQ a su profiter de la dernière saison politique pour s’imposer comme l’opposition officieuse et comme l’alternative au gouvernement libéral. Pour l’équipe de François Legault, c’est la théorie des petits pas. On n’essaye pas de défoncer les clôtures, mais on frappe des coups sûrs. Le chef caquiste martèle ses sujets de prédilection tels que l’économie et le retour de l’argent dans les poches des Québécois.

Le recrutement de l’ex-procureure de la commission Charbonneau, Me Sonia Lebel, est certainement un des coups fumants de la récente session. N’oublions pas la découverte de 1,4 G$ facturé en trop par Hydro-Québec et les attaques incisives envers le gouvernement Couillard dans le dossier de Bombardier qui ont retenu mon attention.

Côté sondage, la Coalition avenir Québec n’a que progressé au cours des 6 derniers mois. Elle a débuté la session parlementaire avec 23 % d’appui et la conclue avec 28 %. Elle a dépassé le PQ et chauffe maintenant les libéraux. Un sondage ne fait pas la prochaine élection, mais parions que les troupes caquistes passeront un très bel été.

Fleur d’argent : Québec solidaire

Podium des partis politiques
Photo Simon Clark

Les solidaires ont connu une excellente session parlementaire. Pourtant, en janvier, Françoise David annonçait son retrait de la vie politique. Un départ représente à la fois une perte et une opportunité et QS a réussi à attirer en ses rangs la figure dominante du printemps érable de 2012, Gabriel Nadeau-Dubois.

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, GND dérange et en brasse de l’air. Alors qu’il n’était même pas encore député, il veut devenir chef (oups, excusez-moi, co-porte-parole), ce qu’il a réussi. Par la suite, sa victoire dans Gouin avec un résultat quasi soviétique (merci au PQ !), GND voit grand et se prépare à prendre le pouvoir. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne manque pas d’ambition.

Une autre qui m’a impressionné, par la passion et l’ardeur déployées pour faire reculer le directeur général des élections qui souhaitait éliminer son comté de Sainte-Marie-St-Jacques, est Manon Massé. Elle aura finalement réussi son pari.

Enfin, l’arrivée de GND et les déboires du Parti québécois auront permis à Québec solidaire d’accroitre de façon significative leurs effectifs en membres et d’atteindre des sommets inégalés dans les sondages. En janvier, ils étaient à 9 % alors qu’en juin ils se retrouvent entre 13 et 14 %. Quelques circonscriptions péquistes sont dans la mire de QS, notamment celle du chef, Jean-François Lisée.  

Fleur de bronze : Parti libéral du Québec

Podium des partis politiques
Photo Simon Clark

Malgré une embellie économique, le parti gouvernemental trouve toujours le moyen de perdre son initiative durement acquise. Les libéraux ont réussi à dégager des surplus budgétaires, à se voir octroyer une meilleure cote de crédit de la part de la firme Standard & Poors, sans oublier un taux de chômage à son plus bas.

Ce que l’on retiendra de la session du PLQ sera surtout une succession d’erreurs de communication et de scandales. Rappelons-nous la mauvaise gestion de la crise de la tempête sur l’autoroute 13. Les mœurs sexuelles de deux députés, pour lesquelles, toutefois, aucune plainte criminelle n’a été retenue par le DPCP (ici et ici) . L’insensibilité du premier ministre dans le dossier des hausses de salaires des dirigeants à Bombardier. Les ratés administratifs du MTQ, les courriels reliant Philippe Couillard et son chef de cabinet, Jean-Louis Dufresne, à Marc-Yvan Côté et j’en passe.  

Je me souviens également du côté « Gaston La gaffe » de Rita de Santis ainsi que du refus de Stéphanie Vallée de trouver une solution face aux demandes de mettre fin aux procédures, en lien avec l’arrêt Jordan. Peut-être est-elle encore absorber par sa partie de Bubble crush

Concluons sur une note positive pour les libéraux. Le premier ministre est un vrai chef d’État lorsque survinrent des événements tragiques. J’étais fier de lui et de sa prestance lors des événements à la mosquée de Québec et pendant les inondations. Malgré tout, le PLQ continue d’occuper le haut des sondages avec un maigre deux points sur la CAQ. Dans les circonstances, ils doivent être satisfaits.

Fleur fanée : Parti québécois

Podium des partis politiques
Photo d'Archives

Le stratège Jean-François Lisée semble ne plus savoir où donner de la tête depuis que son plan de convergence avec Québec solidaire a complètement échoué. Ce qui fait mal dans cet échec, c’est surtout la façon dont il s’est fait dire non. Après avoir laissé le champ libre, dans Gouin, à Gabriel Nadeau-Dubois, les militants de Québec solidaire n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère en qualifiant de PQ de raciste et quasiment de parti de droite. Même l’entente multipartite sur la souveraineté a subi un dur coup au cours de la session.

Les ténors péquistes semblent nous dire que sans coalition, il est impossible de battre les libéraux lors de la prochaine élection. Leur désir de rajeunir le parti s’avère difficile. 19 des 156 propositions du rapport de Paul Saint-Pierre Plamondon ont été adoptées (le parti ayant décidé de n’en présenter que 20 aux membres) et les finances du PQ sont au plus bas.

Martine Ouellet, qui a refusé de quitter l’Assemblée nationale pour enfin devenir chef de quelque chose, représente le caillou dans le soulier de Lisée. Le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, a dû quitter le caucus péquiste pour des questions d’éthiques. Heureusement, Lisée a été rapide à agir.

Enfin, le Parti québécois est au plus bas dans les sondages. Attaqué de gauche à droite par Québec solidaire et la CAQ, le PQ a perdu 7 points depuis 6 mois. De 29 % en janvier, il est maintenant à 22 %. S’il y en a un qui ne doit pas souhaiter d’élections hâtives au Québec, c’est bien Jean-François Lisée.