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Gestion des arénas: un rapport dévastateur pour la Ville de Québec

La gestion des 13 arénas – et 17 glaces intérieures – dont la Ville de Québec est propriétaire est déficiente selon le rapport que le vérificateur général déposera mardi matin.
Photo d'archives, Stevens LeBlanc La gestion des 13 arénas – et 17 glaces intérieures – dont la Ville de Québec est propriétaire est déficiente selon le rapport que le vérificateur général déposera mardi matin.

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Du travail en silo, des erreurs multiples, un manque de données fiables et même l’apparence de conflit d’intérêts. Le rapport du vérificateur général (VG) de la Ville de Québec concernant la gestion des 13 arénas municipaux est particulièrement dévastateur.

Le Journal a mis la main, lundi, sur une portion du rapport annuel 2016 que le VG doit dévoiler mardi matin en conférence de presse. Cet extrait concerne la gestion des 13 arénas – et 17 glaces intérieures – dont la Ville est propriétaire. Il couvre les années 2014 à 2016.

«L’absence d’informations de gestion, d’échanges et de coordination entre les différents intervenants conduit à des décisions prises sans perspective globale et à une utilisation non optimale des glaces», écrit le VG, Michel Samson.

Ce dernier note que «les arrondissements disposent de peu de données pour s’assurer que l’attribution et la tarification des heures de glace correspondent bien à l’utilisation qui est faite des arénas».

Tarification déficiente

Idem pour le Service des loisirs et des sports (SLS) qui «dispose de peu de données fiables pour évaluer les besoins des organismes [et qui] n’a pas l’assurance que les heures octroyées répondent aux besoins et maximisent l’utilisation des glaces».

M. Samson a également relevé plusieurs erreurs de tarification qui constituent un manque à gagner pour la Ville (voir des exemples ci-contre).

Un fournisseur avantagé

Le VG s’attarde par ailleurs sur la situation qui prévaut au Pavillon de la Jeunesse, qui est géré par ExpoCité.

À cet endroit, la gestion et la facturation des heures de glace sont effectuées par un fournisseur externe, lequel reçoit une commission équivalant à 12 % des revenus de location. Or, «le versement de cette commission est discutable», note le vérificateur général. Pis encore, «le fournisseur externe est en apparence de conflit d’intérêts, selon un article de l’appel d’offres».

C’est que ce fournisseur «possède et gère sa propre ligue, qui occupe 29 heures de glace par semaine au Pavillon de la Jeunesse». En semaine, à partir de 20 h, toutes les heures de glace sont d’ailleurs octroyées uniquement aux équipes de la ligue du fournisseur, lit-on.

Michel Samson fait donc valoir que le fournisseur «tire un avantage non négligeable à s’assurer que la glace est utilisée par sa propre ligue au détriment des autres ligues et, par conséquent, des intérêts de la Ville».

Des exemples relevés par le VG

  • 192 heures gratuites, alors qu’elles auraient dû être facturées à un tarif horaire de 207 $ (heures allouées au-delà de la norme d’attribution).
  • Heures de glace attribuées à cinq organismes, alors qu’elles ne se situaient pas dans les plages horaires gratuites.
  • La tarification diffère d’un arrondissement à l’autre sans que ce soit justifié.
  • Certaines commissions scolaires sont facturées, mais d’autres non.
  • Aucune facturation dans un cas, alors que cela représente un manque à gagner de 50 000 $.
  • Pas de mécanisme en place pour promouvoir l’utilisation des glaces. Le citoyen ne peut connaître les heures de glace disponibles.
  • La Ville ignore le nombre d’heures de glace attribuées non utilisées.

Source: Rapport du VG de la Ville de Québec