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Baisse du nombre d’étudiants au cégep et à l’université: que faire?

UQAM, Salle de classe
Photo d’archives

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Baisse d’inscriptions dans les cégeps

En 2013, que voyais-je comme titre d’article de journal? «La baisse d’inscriptions est bien réelle dans les cégeps» (Le Devoir, 17 août 2013). Et puis l’inquiétant phénomène s’est poursuivi en 2017 : «Les demandes d’admission en baisse dans les cégeps francophones» (Le Devoir, 29 mars 2017). Au moins, la baisse frappe seulement les collèges francophones, pas les cégeps anglophones, ce qui serait catastrophique pour Philippe Couillard, lui qui insiste tellement pour l’apprentissage intensif et précoce de l’anglais à l’école. Lui-même est très bilingue, tellement, qu’à l’étranger, il oublie parfois de parler français. Il aime tellement l’anglais : un arc de plus à sa grandiose culture qui épate beaucoup certains journalistes pour qui l’important c’est l’érudition, le reste étant secondaire comme valeurs humaines. Comme le poète disait : «Le contenant plutôt que le contenu».

Ça doit être la faute au salaire minimum

S’il y a baisses d’inscriptions au cégep depuis quelques années au Québec, ça doit être que la «théorie» des universitaires, comme Pierre Fortin et Claude Montmarquette, s’avère fondée en pratique. Ils ont prétendu, sans rire et sans aucune étude sérieuse à l’appui, que la hausse du salaire minimum incitait les jeunes à abandonner leurs études collégiales et universitaires. Pour dire de tels propos «scientifiques», ils se sont basés sur leur flair et leur instinct de lucides autoproclamés. Ils tiennent toujours un discours savant, détenteurs qu’ils sont de la science infuse.

Ben oui, tout le monde sait bien que pour favoriser les études avancées il faut maintenir les étudiants dans la pauvreté et ne pas trop leur en donner. Par contre, pour inciter ces jeunes à poursuivre leurs études universitaires, ce sont les mêmes qui recommandent de fortes hausses des frais de scolarité conjuguées à un bas salaire minimum. Vraiment génial comme approche. Moi qui pense, au contraire, que si on augmente le salaire minimum, les étudiants de la classe moyenne et les plus pauvres auront plus d’argent en poche pour défrayer le coût de leurs études universitaires et pourront travailler moins d’heures, ce qui leur permettra de consacrer plus d’heures à leurs études à temps plein. Comme d’habitude, je dois être dans l’erreur.

Ça atteint maintenant l’université

Et ce qui devait arriver, arriva : «La population universitaire est en décroissance» (TVA Nouvelles, 14 novembre 2016). On dit dans l’article que la baisse d’inscription concerne davantage les universités en région. Faut surtout pas que les diminutions du nombre d’étudiants frappent l’UQAM, là où j’enseigne depuis quarante ans : ma job est en jeu.

Dramatique, les baisses frappent l’UQAM

Ah ben zut, que vois-je comme titre d’article de journal le 3 septembre 2015 : «Baisse des demandes d’admission à l’UQAM» (La Presse, 3 septembre 2015). Bon ben, écoutez-moi bien mes amis : dans la vie, il y a des limites aux beaux principes de solidarité, de fraternité, de compassion, etc. que l’on peut avoir. Parfois, faut savoir mettre ces beaux concepts de côté quand l’adversité vous frappe de plein fouet et en pleine face.

Comprenez-moi bien encore une fois mes amis : moins d’étudiants à l’UQAM rime avec moins de professeurs et donc le risque que je perde ma job. C’est tellement triste, moi qui a ma famille et mes animaux sauvages à nourrir. Que ferai-je alors si je perds ma job? Aller travailler dans un dépanneur Couche-Tard ou un Burger King? Je suis affolé, j’angoisse déjà à cette idée. Le danger imminent qui me guette ne vous fait-il pas pleurer à bouillantes larmes?

Soyons toutefois positifs

Mes sœurs et mes frères, il y a une solution à tout. Dans la vie, il ne faut jamais paniquer. Il faut en tout temps se calmer le pompon. S’il y a de moins en moins d’étudiants à l’université et que je tienne, malgré ce drame existentiel, à conserver à tout prix ma job de professeur d’université, que dois-je donc faire alors? Je vous le demande?

Et ben ce n’est pas compliqué, il s’agit simplement de garder plus longtemps les étudiants que l’on a encore la chance d’avoir actuellement. Fallait juste y penser. Je deviens de plus en plus lucide, vous ne trouvez pas? Par contre, je ne suis pas le bourreau que certains pensent. Le moment venu, quand mon étudiant va se présenter dans ma classe à l’UQAM avec son enfant nouvellement admis à l’université, je vous jure sur la tête de ma mère Alice, que je fais passer la mère ou le père. Faut tout de même pas exagérer. J’ai tout de même des principes moraux très élevés. Je crois qu’en gardant mes étudiants très longtemps, il va s’instaurer une belle relation d’amitié. On va devenir une belle famille.