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La ministre Charlebois reconnaît qu’elle en a déjà fumé

La ministre Lucie Charlebois est responsable de mettre en place la loi qui encadrera le cannabis au Québec.
Photo d'archives, Simon Clark La ministre Lucie Charlebois est responsable de mettre en place la loi qui encadrera le cannabis au Québec.

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La ministre Lucie Charlebois, qui est responsable de mettre en place la loi qui encadrera le cannabis au Québec, a reconnu avoir elle-même déjà fumé du pot, deux fois, dans ses années de rébellion.

«J’ai déjà été adolescente comme tout le monde, oui j’ai essayé [...] j’ai fait ça deux fois dans ma vie», a dit hier la ministre qui participe ces jours-ci à Montréal au Forum d’experts sur l’encadrement du cannabis au Québec. Mme Charlebois précise toutefois qu’elle n’a pas particulièrement apprécié les effets de cette drogue.

Moins fort avant

«Je vais avoir 58 ans bientôt et la teneur en THC à l’époque n’était pas la même qu’aujourd’hui», ajoute-t-elle.

Effectivement, plusieurs experts en santé présents au Forum ont insisté sur le fait qu’il y a quelques années, la teneur en THC (la substance psychoactive dans le cannabis) est passée de 3 % environ à 15 % environ aujourd’hui. Cela signifie que le cannabis est plus fort de nos jours.

«Il faut être bien conscient que nos enfants doivent être protégés», dit-elle. La ministre souligne que le gouvernement fera des campagnes de prévention pour expliquer les risques associés à la consommation du cannabis.

«J’étais adolescente et rebelle comme l’ensemble de nos adolescents, je peux comprendre ce qui les amène là et je comprends plus pourquoi il faut faire de la prévention», affirme-t-elle.

Au sujet des campagnes de sensibilisation, Jean-Sebastien Fallu, professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, met en garde contre la tentation de dramatiser le message envoyé aux consommations et aux jeunes.

«Lorsqu’il est question de cannabis, soit le discours est banalisé ou dramatisé et les autorités publiques ont tendance à dramatiser, explique-t-il. Cela a pour conséquence de discréditer le message auprès des jeunes», prévient-il. Selon lui, il est primordial de prôner un discours nuancé sur la substance.

Consultations limitées

Au terme de ce Forum, des consultations publiques auront lieu au cours des prochains mois. Le Parti québécois déplore que les consultations ne se tiennent que dans sept villes. Le gouvernement provincial déposera ensuite son projet de loi à l’automne visant à encadrer le cannabis, substance qui sera légalisée en 2018 partout au Canada.

La ministre Charlebois dit vouloir travailler avec les partis d’opposition pour proposer une loi qui sera adoptée à l’unanimité. Pour arriver à un consensus, la CAQ conseille d’abord à la ministre de consulter davantage les partis de l’opposition.

«C’est dommage de travailler à la dernière minute comme ça, déplore la députée Lise Lavallée. Le Forum aurait dû avoir lieu il y a un an et ensuite on aurait pu prendre le temps de discuter pour asseoir des politiques, mais là, il n’y a pas eu de discussion avec les partis.» Le PQ compte collaborer et faire entendre ses positions.