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L’examen de mathématique jugé trop difficile par des enseignants

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L’épreuve ministérielle de mathématique était tellement difficile cette année qu’elle a déstabilisé de nombreux enseignants qui demandent au ministère de l’Éducation de remédier à la situation.

Jocelyn Nicol est président du Groupe des responsables en mathématique au secondaire (GRMS), qui regroupe environ 400 enseignants. Après avoir reçu de nombreux commentaires concernant l’examen de mathématique de la séquence Sciences naturelles de quatrième secondaire, le GRMS a fait parvenir dimanche un sondage à ses membres pour recueillir leurs commentaires à ce sujet.

En 24 heures, une cinquantaine d’enseignants s’étaient déjà prononcés et le verdict semble unanime, selon M. Nicol. «On sait que l’examen a déstabilisé énormément de profs et d’élèves, dit-il. Ç’a créé beaucoup d’anxiété. On voit une baisse des résultats par rapport aux années précédentes.»

Plusieurs élèves n’ont pas eu le temps de terminer l’épreuve dans les trois heures qui leur étaient allouées, précise de son côté François Pomerleau, un enseignant qui siège au conseil d’administration du GRMS. «On aimerait qu’il y ait davantage d’uniformité d’une année à l’autre», ajoute-t-il.

« Conversion » des notes

Or, si un examen est jugé trop difficile comparé aux années précédentes, le Ministère peut procéder à une «conversion» des notes qui permet de «relever légèrement les résultats à une épreuve», peut-on lire sur son site internet.

Malgré le recours à cette pratique, le GRMS réclame tout de même davantage de stabilité afin d’éviter que les jeunes n’en subissent les contrecoups. «J’ai des élèves dans mes classes qui se sont préparés comme jamais, c’était l’examen du siècle pour eux, affirme M. Pomerleau. Même si tu leur dis que ça va peut-être être pondéré à la hausse, ils ne comprennent pas ça. Ce que j’ai vu, ce sont des élèves qui sont sortis de là stressés et découragés. Est-ce qu’il y aurait moyen d’éviter ça?»

Le GRMS aimerait être consulté afin de faire partie de la solution, ajoute M. Pomerleau: «Ça fait longtemps qu’on milite dans ce sens-là, mais nos démarches sont jusqu’à maintenant restées lettre morte.»

Invité à commenter, le ministère de l’Éducation a précisé, hier, qu’il était «trop tôt pour s’avancer sur le degré de difficulté de l’épreuve».

Mélanie Tremblay, professeure en didactique des mathématiques à l’Université du Québec à Rimouski, analyse quant à elle les épreuves ministérielles depuis plusieurs années. Elle estime que l’examen cette année était certainement trop long, puisqu’une vingtaine d’étapes étaient nécessaires à la résolution d’un seul problème. Au moins une trentaine de minutes supplémentaires auraient été nécessaires pour donner une chance aux élèves de relire leur copie avant de la remettre, indique Mme Tremblay.

Mais elle ne va pas jusqu’à dire que l’examen était trop difficile. L’épreuve était certainement plus costaude que celle de 2016, que Mme Tremblay qualifie d’«examen bonbon», mais son degré de difficulté reste acceptable, selon cette experte.