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Nouveau constat d’échec

Alex Galchenyuk est le seul premier choix du Canadien des 10 dernières années
faisant partie de la formation régulière.
Photo d'archives Alex Galchenyuk est le seul premier choix du Canadien des 10 dernières années faisant partie de la formation régulière.

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Beaucoup de gens se réjouissent du départ de Nathan Beaulieu. Mais à vrai dire, c’est une mauvaise nouvelle. Car ça signifie l’échec d’un autre premier choix au repêchage pour le Canadien. La liste était déjà assez longue comme ça.

La première réaction est de montrer du doigt Trevor Timmins et son personnel de recruteurs. La récolte est maigre depuis 2008.

On fait aussi des reproches à Sylvain Lefebvre, entraîneur en chef de l’équipe-école depuis cinq ans, et à ses adjoints. On les accuse de ne pas savoir développer les espoirs de l’organisation.

Tout le monde y passe!

Il y a quatre ans...

Pourtant, on était en droit de penser il y a quatre ans que les choses se présentaient bien.

En se projetant vers l’avenir, on se disait que le Canadien miserait sur un noyau solide avec les Carey Price, Max Pacioretty et P.K. Subban dans des rôles de jeunes vétérans et des jeunes en ascension comme Galchenyuk, Gallagher, Beaulieu et Tinordi.

Le constat est désolant aujourd’hui.

Subban et Beaulieu ont été échangés. Tinordi poursuit sa carrière dans les ligues mineures avec l’organisation des Coyotes de l’Arizona.

Galchenyuk connaît des hauts et des bas et il ne fera peut-être plus partie du Canadien avant la fin de la semaine.

Le cas de Gallagher est différent. Les blessures ont eu un impact sur son jeu au cours des deux dernières saisons. On dit que sa main blessée serait lourdement hypothéquée.

C’est à espérer qu’il puisse retrouver sa touche autour du filet puisque le Canadien ne compte pas une multitude de marqueurs, comme on le sait.

Et n’oublions pas que l’on parle d’un choix de cinquième ronde qui a produit au-delà des espérances.

D’espoirs à souvenirs

Galchenyuk (2012) est le seul premier choix du Canadien des 10 dernières années faisant partie de la formation régulière.

Michael McCarron (2013) n’a toujours pas réussi à s’y implanter après deux saisons chez les professionnels. Nikita Scherbak (2014) a disputé trois matchs avec le grand club en deux ans dans l’organisation.

Tinordi (2010) et Beaulieu (2011) sont partis pour d’autres cieux. Louis Leblanc (2009) est déjà à la retraite à 26 ans.

De plus, et il ne s’agit pas du moindre cas, Ryan McDonagh (2007) a été échangé aux Rangers en retour de Scott Gomez.

Cette transaction ne relevait toutefois pas de Timmins, mais plutôt de Bob Gainey, qui recherchait désespérément un joueur de centre pour remplacer Saku Koivu, qu’il avait laissé partir.

Heureusement, Pacioretty, qui a été repêché au premier tour la même année que McDonagh, est toujours avec l’équipe.

Enfin, David Fischer, premier choix de 2006, a été relégué rapidement aux oubliettes, le Canadien n’ayant même pas jugé nécessaire de lui présenter une offre de contrat.

Jeunes en retard

Par ailleurs, d’autres joueurs chez qui on voyait de bonnes qualités tardent à éclore. Zachary Fucale a été devancé par Charlie Lindgren, embauché à titre de joueur autonome, devant le filet du club-école.

Jacob de la Rose a marqué quatre buts et récolté trois mentions d’aide en 64 matchs avec le grand club au cours des trois dernières saisons.

Par contre, Artturi Lehkonen, qui a été repêché au deuxième tour en 2013, tout comme Fucale et de la Rose, s’est signalé à sa première saison avec le Tricolore.

Reste à voir comment se développera Noah Juulsen, premier choix de 2015, que l’on verra probablement avec le Rocket de Laval à l’automne.

Mikhaïl Sergachev, premier choix de 2016, aura été quant à lui le prix à payer pour mettre le grappin sur Jonathan Drouin.

Ménage à faire

On a beau dire à la fin que le repêchage n’est pas une science exacte, les repêchages des neuf dernières années du Canadien sont un désastre.

Marc Bergevin a déclaré maintes fois depuis son arrivée dans l’organisation qu’il comptait bâtir l’équipe avec des jeunes issus du repêchage.

Mais c’est difficile à réaliser quand la plupart des choix ne répondent pas aux attentes placées en eux.

Il a réitéré sa confiance à Timmins dans son bilan de fin de saison, mais est-ce vraiment la bonne décision?

À la lumière des résultats observés plus haut, la réponse est claire. Une réorganisation du réseau de recrutement s’imposerait.