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Une vedette francophone

Jonathan Drouin est visiblement heureux de se retrouver avec le Canadien.
Photo Agence QMI, Dario Ayala Jonathan Drouin est visiblement heureux de se retrouver avec le Canadien.

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Après l’acquisition de Shea Weber, l’an dernier, le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, vient de réaliser un autre gros coup en allant chercher Jonathan Drouin chez le Lightning de Tampa Bay. Voilà le genre de joueur électrisant qui peut inspirer une génération de jeunes Québécois.

Je suis emballé par la prise de Drouin. Marc Bergevin a cédé un excellent jeune défenseur de 19 ans en Mikhail Sergachev, mais pour obtenir quelque chose, il faut en payer le prix et si on connaît peu Sergachev, on a une bonne idée du talent de Drouin. Il n’a que 22 ans et il n’a pas encore atteint son plein potentiel.

Ce n’était pas la situation idéale pour lui à Tampa Bay, mais il pourra s’éclater à Montréal d’autant plus qu’il est visiblement heureux de se retrouver avec le Canadien. Il s’agit du premier joueur vedette francophone à Montréal depuis Vincent Damphousse et je suis convaincu que l’électrisant Drouin fera rêver nos jeunes qui évoluent dans le hockey mineur.

Le patineur de Sainte-Agathe est bourré de talent et sa plus grande qualité est sa vision du jeu. Il a ce don de pouvoir ralentir le jeu et d’exécuter un jeu à la toute dernière seconde, alors qu’il ne semble plus avoir d’options. C’est une qualité que peu de joueurs possèdent. En ce sens, il me fait penser à Wayne Gretzky et Mike Ribeiro. Il sera un précieux actif pour le jeu de puissance du Canadien qui a besoin d’un sérieux coup de barre.

Drouin a de la vitesse à revendre, il peut transporter la rondelle et il a du caractère. Je n’ai pas approuvé sa grève au cours de la saison 2015-2016. Il s’est mis beaucoup de pression avec cette décision et ce n’était pas apprécié par les vétérans du Lightning. Toutefois, après son retour dans la Ligue américaine et son rappel, il s’est bien relevé et il a été un des meilleurs joueurs de son équipe au cours des séries.

En finale

Il a profité de la blessure à Steven Stamkos pour s’imposer et aider le Lightning à atteindre la finale de la Coupe Stanley. Critiqué, Drouin s’est relevé et il a gagné du respect.

J’ai joué au golf avec le capitaine du Canadien, en fin de semaine et Max Pacioretty m’a dit qu’il était très heureux de l’acquisition de Drouin. Comme tout le monde, il reconnaît son talent, mais il aime aussi son caractère. Il m’a dit que c’était un joueur avec du chien et qu’il était difficile à affronter.

Période d’adaptation

Drouin devra vivre une période d’adaptation, mais il a tout l’été et tout le camp d’entraînement pour s’habituer à l’attention dont il sera l’objet. Les projecteurs seront sur lui et ce ne sera peut-être pas facile au début. Guy Lafleur a subi ça en début de carrière et même P.K. Subban l’a vécu en début de saison à Nashville.

Par contre, cette pression fera de Drouin un meilleur joueur. Dans un marché comme Tampa Bay, un joueur vedette peut connaître une léthargie de trois ou quatre matchs sans que ça fasse trop jaser, mais à Montréal, dès que tu connais un ou deux mauvais matchs, tu deviens l’objet des critiques. J’ai vécu ça et ça m’a aidé à devenir un meilleur joueur. Je suis convaincu que ce sera la même chose pour Drouin.

Il y a deux ans, on reprochait à Bergevin de ne pas bouger suffisamment, mais on peut dire qu’il a changé de cap et d’après moi, il nous réserve une autre surprise dans les prochaines semaines. Il se trame beaucoup de choses en coulisses et j’ai bien hâte de connaître la suite des choses.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

Beaulieu, un échec

On sentait bien depuis le point de presse de fin de saison que les jours de Nathan Beaulieu avec le Canadien étaient terminés. Malheureusement, c’est un constat d’échec. Lorsque tu échanges un ancien choix de première ronde (aux Sabres de Buffalo) contre un choix de troisième ronde, ça veut tout dire. Par ailleurs, il n’y a pas vraiment de surprise dans le fait qu’Andreï Markov et Tomas Plekanec n’aient pas été inclus dans la liste de protection du Canadien, mais on les reverra probablement à l’automne au Centre Bell.

Fleury à Las Vegas

Il n’y a pas eu trop de surprises dans le dévoilement des listes de protection, mais il y a plusieurs ententes dont nous ne sommes pas au courant. Le gardien Marc-André Fleury sera assurément le gardien numéro un des Golden Knights de Vegas, mais je suis curieux de voir qui sera son second. Un joueur comme James Neal serait une très belle prise pour les Knights.

Le Hart à McDavid

Qui gagnera le trophée Hart comme joueur le plus utile à son équipe lors de la soirée des trophées? Sergei Bobrovsky a été incroyable devant le filet des Blue Jackets de Columbus et Sidney Crosby a connu une grosse saison chez les Penguins, mais d’après moi, on ne peut passer à côté de Connor McDavid. Il n’est pas aussi bien entouré que Crosby et il a été la raison principale pour laquelle les Oilers d’Edmonton se sont classés dans les séries.

Autres honneurs

Les trophées Vézina (meilleur gardien) et Norris (meilleur défenseur) devraient être gagnés haut la main par Sergei Bobrovsky (Columbus) et Brent Burns (San Jose) respectivement. C’est une belle année pour les recrues, mais Auston Matthews (Toronto) devrait avoir le meilleur sur Patrik Laine (Winnipeg) pour le trophée Calder.

Meilleurs dirigeants

À mon avis, John Tortorella (Columbus), devrait gagner le trophée Jack Adams (meilleur entraîneur). On le croyait mort après la Coupe du monde, mais les Blue Jackets ont connu une saison du tonnerre. Pierre Dorion a fait tout un travail à Ottawa et j’espère qu’il va gagner le trophée du meilleur directeur général. David Poile (Nashville) est en nomination, mais malheureusement pour lui, le vote a eu lieu avant les séries éliminatoires.