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Suivre la route des Pow-Wow

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photo COURTOISIE TOURISME AUTOCHTONE

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Le tourisme autochtone prend du galon au Québec. En 2016, le Québec autochtone (11 nations et 55 communautés) a accueilli 1,2 million de visiteurs, dont 70 % étaient québécois. «Les gens ont de l’intérêt pour la diversité et ils veulent vivre quelque chose de différent», affirme Sébastien Desnoyers, conseiller marketing à Tourisme autochtone Québec, un organisme qui depuis 26 ans voit à la promotion de la culture des Premières Nations.

Une belle façon de côtoyer la réalité autochtone est d’assister à l’un des nombreux pow-wow qui se tiendront cet été dans les communautés autochtones du Québec.

Ce qu’il faut savoir, c’est que pendant plusieurs décennies, les pow-wow ont été la cible de répression de la part des gouvernements. Ces danses étaient mal perçues par les non-Autochtones qui y voyaient des danses de guerre. En 1951, une refonte en profondeur de la Loi des Indiens (adoptée en 1876) a permis aux Autochtones de tenir des pow-wow en toute légalité. Aujourd’hui, cet événement a une tournure festive et culturelle. Il est l’un des principaux moyens d’expression de l’identité amérindienne et de la sauvegarde de la culture autochtone. «Nous avons le goût de partager notre culture, affirme Isabelle (Aroussen) Gros-Louis, de la communauté huronne-wendate à Wendake. De plus en plus de visiteurs viennent découvrir ces événements. Ils viennent voir. Nous les faisons vibrer avec nos danses et nos tambours.»

Les pow-wow peuvent être traditionnels, c’est-à-dire que tout le monde est là pour prier et créer des liens, ou ils peuvent être de compétition: dans ces cas, les régalia – les habits – sont tous plus flamboyants les uns que les autres et chacun danse pour soi, dans le but de remporter la compétition.

Dans un pow-wow, chaque habit qu’on appelle le régalia (on n’emploie jamais le mot costume) est fabriqué à la main par le danseur lui-même. Et sa fabrication peut demander jusqu’à un an de travail. «Toute notre énergie se trouve dans ce vêtement», explique Mme Isabelle Gros-Louis qui elle-même danse depuis l’âge de 5 ans. Le régalia s’inspire de la nation du danseur et il peut être confectionné de plusieurs éléments tels des griffes d’ours, des plumes et des os d’animaux. Pour le danseur, cet habit est le symbole de son appartenance aux Premières Nations, de son identité, de ses croyances et des traditions spirituelles de sa nation. Il a un caractère sacré.

Le pow-wow débute avec une cérémonie de tambours et ces derniers seront ­présents tout au long de la danse. Se succèdent ensuite plusieurs types de danses: on peut y voir entre autres la danse de la robe à clochettes. L’habit de la danseuse est recouvert de 365 clochettes qui contiennent chacune une prière. La femme qui le porte envoie ses prières au Créateur. La robe a donc un sens spirituel. On y voit également la «chicken dance» où l’homme est recouvert de plumes et il danse comme un oiseau. Et il y a toujours une danse de guérison qui est consacrée à une personne aux prises avec la maladie... Le pow-wow se tient sur quelques jours et il rassemble aussi des artisans qui offrent leurs produits tels que bijoux, vêtements, capteurs de rêves, peintures, etc.

Et dans quel esprit faut-il assister à un pow-wow? «Les médias diffusent toujours les côtés négatifs des nations autochtones, souligne Isabelle Gros-Louis. Il faut arriver avec une ouverture d’esprit et de non-jugement. C’est l’occasion de vivre une expérience multisensorielle et de connaître l’autre dans sa culture.»

 

Repères

  • Plus d’une vingtaine de pow-wow se déroulent durant l’été dans les communautés autochtones du Québec. Les plus importants sont ceux de:
  • Wendake (30 juin au 2 juillet) qui a attiré plus de 10 000 visiteurs l’an dernier;
  • Le grand rassemblement des Premières nations de Mashteuiatsh (14-16 juillet);
  • Le Pow-wow international d’Akwesasne (9-10 septembre).